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Co-libr-e, un outil d’écriture en ligne doublé d’un réseau social de co-écriture

Rédiger un roman nécessite force de motivation, recherches, imagination. Il est souvent difficile de mener à bien un projet d’écriture avec les moyens techniques existants tels que les éditeurs de texte. La complexité grandit lorsque l’écrivain souhaite réaliser des descriptions cohérentes de lieux ou situations qu’il ne connait pas lui-même. Sébastien Vazeux a été confronté à ces obstacles lors de l’écriture de son roman. Il a alors eu l’idée de créer Co-libr-e, le premier outil d’écriture et co-écriture en ligne.

Qui êtes-vous en quelques mots ?

Colibre_SVazeuxJe suis ingénieur télécom de formation. C’est l’ingénierie et la recherche du « comment ça marche » qui m’ont attiré. J’ai débuté ma carrière professionnelle comme consultant international (Gambie, Côte d’Ivoire, Guernesey, Allemagne…), puis j’ai occupé des postes d’ingénieur réseau.

Je suis aussi un passionné de sport, notamment de basketball que j’ai pratiqué pendant près de 15 ans en compétition. Je pratique aussi régulièrement le karting, en solo ou en équipe. Des moments où l’on apprend à se dépasser soi-même et où l’on partage de belles expériences. Le voyage, la photographie et l’écriture sont des loisirs que j’essaie de pratiquer au maximum, tant cela apprend à voir les choses sous différents angles et s’échapper du quotidien. Et quand je ne peux pas prendre l’avion pour découvrir la vie ailleurs, je sors ma tablette ou mon PC et je voyage par mes écrits sous Co-libr-e.

Si je dois résumer (déformation professionnelle), je suis tout et le contraire d’un écrivain : terre à terre mais plein d’imagination.

Pouvez-vous nous présenter Co-libr-e ?

Co-libr-e signifie écriture collaborative (co) d’œuvres (liber, libris en latin) en ligne (e).

Co-libre est le premier outil en ligne d’écriture et de co-écriture d’œuvres littéraires. C’est aussi le premier outil de type SaaS (Software as a Service), c’est-à-dire qui propose de consommer un logiciel sous la forme d’un service hébergé.

L’objectif est triple :
aider les écrivains à ne pas abandonner grâce à un outil convivial, pratique, sûr et adapté ; à créer des œuvres de qualité par le partage de conseils précis avec des experts dans leur domaine et donc spécialisés à l’œuvre
proposer à quiconque d’apporter ses compétences quelles qu’elles soient (littérature, géopolitique, voyage, histoire,…) à un écrivain dans le cadre de l’extraordinaire projet personnel qu’est l’écriture d’un livre. C’est la dimension collaborative de l’outil.
permettre aux éditeurs de découvrir de nouvelles pépites avant même la fin de leurs créations en partageant avec leurs auteurs un accès à l’espace d’écriture des œuvres en cours.

Concrètement, comment ça marche ?

Dans tous les cas, il faut d’abord s’inscrire.

Si je suis auteur, il me suffit ensuite de créer mon œuvre. Une fois l’œuvre créée, l’écrivain peut personnaliser ses fiches personnages, prendre des notes en marge du roman lui-même, noter les étapes importantes de l’histoire sur une frise chronologique…

Si l’auteur recherche une aide personnalisée (ex : description d’une situation, d’un lieu inconnu, d’un métier…), il peut souscrire au service d’œuvre collaborative et chercher dans la communauté la personne qui pourra l’aider.

Le service de passage d’œuvre individuelle à œuvre collaborative est payant mais accessible (aujourd’hui 15€). C’est une garantie supplémentaire d’un travail respectueux des droits d’auteur, point important de l’écriture collaborative.

Celui qui n’est pas écrivain peut participer à une œuvre en mettant à profit son expérience, ses compétences. Pour ce faire, soit il accepte la sollicitation d’un auteur soit il peut rechercher une œuvre qui l’intéresse pour proposer son aide.
Exemple : je suis commercial et souvent amené à voyager au Proche-Orient. Inscrit dans la communauté Co-libr-e, je recherche un livre auquel je pourrais apporter mon expérience de commercial ou de voyageur. Je vois qu’un auteur a besoin d’aide sur la description de l’atmosphère, la population, les lieux au Liban. Je connais très bien. Je propose mon aide que l’auteur peut choisir d’accepter ou non.

Tout comme les services aux auteurs, ce service est payant mais accessible (aujourd’hui 6€ remisé à 50% donc 3€), toujours pour des questions de droit d’auteur.

Enfin, pour un éditeur, nous sommes en train de réaliser les fonctionnalités et services qui lui seront utiles et nécessaires pour :
– Suivre l’avancement de ses auteurs
– Travailler en étroite collaboration avec ses auteurs, instantanément et à n’importe quelle étape de l’œuvre
– Découvrir de nouveaux auteurs sans attendre que l’œuvre soit terminée, autoéditée ou déjà chez un autre éditeur.

L’outil est disponible gratuitement pour tous les auteurs qui concourent cette année au Prix Nouveau Talent. Ceux qui le souhaitent peuvent en profiter en utilisant le code promo : NOUVEAUXTALENTS.

En quoi Co-libr-e est-il innovant et participe à faire évoluer le monde de l’édition ?

L’innovation de Co-libr-e est d’être le premier à proposer un outil d’écriture et de co-écriture en ligne, accessible en mode connecté ou non. Et par son format web, l’outil ne nécessite aucune installation.

Les principaux atouts de l’outil sont :
– La mise à disposition d’une interface d’écriture qui concentre tous les besoins d’un écrivain
– Un outil qui permet de simplifier la vie des auteurs et donc de mettre moins de temps pour sortir une œuvre, sachant que la majorité des auteurs exerce une autre activité à côté de l’écriture. C’est aussi une manière de profiter d’emblée des atouts du numérique : étant donné que l’auteur devra produire son œuvre au format numérique, autant utiliser un outil performant dès le début du processus d’écriture.
– La création du concept de co-écriture entre écrivains et particuliers dans un espace sécurisé.

Colibre_capture site

Co-libr-e n’est pas seulement innovant dans la création d’œuvres littéraires mais également dans l’édition. Aujourd’hui, la majorité des innovations dans ce domaine s’adressent aux auteurs afin de leur permettre de s’autoéditer ou de s’auto-publier. Co-libr-e s’adresse aussi aux professionnels de l’édition : nous souhaitons leur proposer un outil avec des fonctionnalités adaptées qui leur simplifiera la vie pour éditer des œuvres de qualité.

Le site vient d’être lancé, quelles sont les prochaines étapes ?

Nous avons désormais 3 pistes de développement pour nos services :
– Nouer des partenariats avec les maisons d’édition pour les aider dans leur gestion des œuvres et des auteurs
– Communiquer très largement afin de constituer une communauté d’experts, spécialistes, connaisseurs dans différents domaines, qui pourra aider les auteurs.
– Concevoir et lancer les prochains services et fonctionnalités.

Et pour finir, quel écrivain / lecteur êtes-vous ?

Je dirais que je suis un écrivain rêveur. Comme on me le dit souvent, en vrai scorpion que je suis, je déborde de passion, de sentiments, de rêves et d’imagination. Peut-être trop parfois. Je suis aussi un éternel insatisfait. C’est d’ailleurs tout cela qui m’a mené à écrire ma première œuvre (toujours en cours, car Co-libr-e me prend beaucoup de temps).

C’est lors d’un séjour en solitaire à Rome que tout a commencé. Un Amour perdue, j’errais dans la capitale du monde que je connaissais pourtant si bien. Sur les hauteurs de la Piazza del Popolo, je cherche à réaliser une magnifique photo sur les toits de la ville. Je promène mon objectif d’est en ouest. Je m’arrête sur une véranda. Une femme dresse le couvert. Ce petit restaurant passe inaperçu au milieu des immeubles d’habitations. Une image me vient. Je serais le héros de l’histoire. Elle serait cette Amour perdue. J’attrape alors un carnet qui me suit partout et écris quelques lignes sans pour autant penser à me lancer dans un roman. Le soir, cette scène me hante. Au matin, l’histoire est née. J’en note les principales étapes. Cela me prendra bien 3 ans, plusieurs stations de métro ratées le nez dans un carnet, les doigts gelés sur la terrasse du café l’Atelier à Montmartre, avant d’atteindre 200 pages et une histoire complète. Et une fois l’histoire ficelée, commencent les recherches, l’écriture littéraire… un travail de longue haleine. C’est à ce moment que l’idée de Co-libr-e a fleuri. Les recherches sont complexes et fastidieuses. Pourquoi ne pas utiliser les compétences d’amis ou autres ? Désormais, dès que j’ai un moment, j’écris quelques lignes sur Co-libr-e, épaulé par deux amis qui m’apportent certaines des compétences qui me font défaut.

J’aime imaginer des histoires qui allient réalisme et illusion. Je me balade dans Paris, j’observe les passants, la nature, la vie… Je garde certains éléments de ces scènes et les mélange avec diverses idées, rêves, images… Et si j’ai de la musique dans les oreilles, les images foisonnent d’autant plus.

Pour ce qui est de la lecture, comme beaucoup, je cherche des livres qui me permettent de m’évader du quotidien ou des œuvres intrigantes comme la clé de l’apocalypse de James Rollins.
Je pense que ce qui m’a aidé à me lancer à écrire, c’est la lecture des premiers romans de Marc Lévy et Guillaume Musso qui correspondent bien au style que je citais tout à l’heure, réalisme et illusion. Une histoire sentimentale, une aventure, des personnages attachants que l’on croirait avoir croisé la veille dans la rue.
Depuis quelques mois, j’ai repris la lecture des auteurs classiques. J’ai par exemple récemment lu Viou d’Henry Troyat. Mais la finesse que j’y ai trouvée, la description de certaines situations si touchantes, m’ont rappelé qu’un bon roman n’est pas qu’une belle histoire, mais aussi une belle écriture. Réaliser une si belle œuvre sur une situation somme toute banale n’appartient pas à tout le monde. Ces œuvres classiques sont de précieux trésors d’inspiration.

 

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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