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Lisez Décapage !

BGuillot lire pour mieux écrire

Dans notre dernière chronique, nous nous moquions (gentiment) du texte d’un très jeune homme. Ou plutôt, une phrase dans un texte. Mais pour être juste, il faut rendre hommage à la revue dans laquelle était publié ce texte. Disons-le haut et fort : on ne saurait trop recommander à tout aspirant écrivain de lire Décapage.

… Mais pourquoi, demanderez-vous ? Vous avez raison, développons.

couvdecap55_bdDécapage est une revue littéraire créée en 2001, aujourd’hui publiée par Flammarion deux ou trois fois par an (une revue qui paraît trop régulièrement, c’est louche), et que l’on trouve dans toutes les bonnes librairies. Croyez-en un vieil abonné : en quinze ans, la revue a changé plusieurs fois de format, de prix, d’éditeur, mais son esprit est resté le même : à la fois sérieux (sur le fond) et potache (sur la forme). L’intelligence avec le sourire en coin, avec une vraie exigence sur la qualité des textes. Et parfois, quelques moments de grâce pure.

« DÉCAPAGE n’expose aucune idée sur le monde, ne revendique rien, ne s’énerve contre personne, ne craint aucune espèce de censure, ne rapporte pas un centime à ses auteurs, et ne sert strictement à rien », peut-on lire sur le site de la revue à la rubrique Philosophie.

Voilà un excellent début. Mais au fait, que trouve-t-on dans cette revue ?

Pour résumer, disons que chaque numéro se découpe en 4 parties – et que chacune justifierait qu’on lise la revue.

– Un dossier thématique lié à l’écriture
A chaque numéro, une dizaine d’écrivains racontent les dessous de l’écriture. On y parle beaucoup de salons du livre, de rapport avec l’éditeur (ou le lecteur), des premières lettres de refus… Dans l’avant-dernier numéro, par exemple, on trouvait ce thème d’utilité publique : « Le jour où je n’ai rien foutu »

De quoi décomplexer un peu de n’avoir rien foutu soi-même – avec au passage un ou deux « trucs » pas idiots pour conjurer l’angoisse de la page blanche. 

– La panoplie littéraire
Quelle autre revue donne quarante ou cinquante pages à un auteur pour raconter comment il travaille, ses sources d’inspiration, l’histoire derrière chaque livre ? Aucune. Et le miracle, c’est que ce n’est jamais ennuyeux – même lorsque vous ne connaissez pas tout de l’auteur en question, ces coulisses restent passionnantes. Les derniers auteurs à s’être prêté au jeu : Philippe Jaenada, Maylis de Kerangal, Jérôme Ferrari et Serge Joncour. C’est dire si la barre est haute.

(PS – parmi les « prix littéraires » de l’année, si vous ne devez en lire qu’un, je recommanderais chaleureusement le « Repose-toi sur moi » de Serge Joncour) 

badges-decapage– Des chroniques
Un journal d’écrivain, de la critique littéraire en bande-dessinée, les faux mails et tweets envoyés à la rédaction… Je n’en rajoute pas, les chroniques sont comme les bonbons, chacun aura sa préférence.

– … Et enfin, des nouvelles
Quatre ou cinq courts textes, en fin de revue, d’auteurs confirmés ou débutants. C’est un des grands classiques de revues que d’abriter ainsi quelques courtes créations – mais je n’insiste pas : je parlerai de nouvelles dans un prochain billet, parce que c’est sans doute un des conseils les plus utiles qui soient, d’écrire des nouvelles – et donc, d’en lire… On en reparle très vite ici même.

D’ici là, allez donc voir le site de Décapage. Je vous souhaite une excellente lecture – et qu’elle soit inspirante en plus d’être plaisante !

A bientôt.

L'Auteur

Bertrand Guillot

Bertrand Guillot a travaillé dans l'édition et publié trois romans, de fiction ou non-fiction : Hors-jeu (Dilettante, 2007 – J'ai lu, 2010) B.a.-ba (Rue fromentin, 2011) Le métro est un sport collectif (Rue fromentin, 2012). Chroniqueur pour le magazine Standard et sur son blog Secondflore, il anime également des ateliers d'écriture au collège et en entreprise.

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