A la une

Voyage au bout du livre #8 : Défendre le livre et son auteur auprès de la presse

SA voyage au bout du livre

Quel rôle l’attachée de presse joue-t-elle auprès de l’auteur ? Une fois le livre imprimé, c’est elle (la profession est majoritairement féminine) qui prend la main. Comment rassure-t-elle l’auteur, comment accompagne-t-elle le livre ? Rencontre avec Anne Blondat, attachée de presse chez Hugo & Cie et auparavant chez Jean-Claude Lattès.

Les attachées de presse sont comme des mères ou des psys

Le profil d'Anne Blondat (Portrait (c) DR)

Le profil d’Anne Blondat (Portrait (c) DR)

L’accompagnement des auteurs se fait en fonction de chacun car les auteurs sont tous différents. Nous pouvons être des caméléons. Un jeune auteur a besoin qu’on le rassure, qu’on l’accompagne, qu’on lui explique le milieu ; un auteur ayant davantage d’expérience connaît les rouages – mais cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas le rassurer. Au contraire, les auteurs expérimentés réclament souvent qu’on en fasse toujours plus. Les attachées de presse sont comme des mères ou des psys.

Je pense que c’est important d’expliquer à l’auteur comment cela se passe, de l’envoi des jeux d’épreuves à la signature du service de presse. Lui dire ce que l’attachée de presse a fait pour avoir tel ou tel article permet qu’il ne se sente pas oublié, surtout quand il est publié face à d’autres auteurs plus connus, vers qui la presse ira plus facilement.

Cela rejoint le fait qu’il faille les rassurer, être présente… Etre auteur c’est s’exposer, se montrer et accepter la critique qui est parfois dure à entendre… Tout comme l’éditeur, l’attachée de presse doit être là, à l’écoute de l’auteur.

 

Attachée de presse, un métier de mouvement, de curiosité et d’attachement

Deux livres publiés par Hugo & Cie importants dans le parcours d'Anne : Jacques Chirac - Vie publique, archives privées (octobre 2015) et Boston Girl (mars 2016)

Deux livres publiés par Hugo & Cie importants dans le parcours d’Anne : Jacques Chirac – Vie publique, archives privées (octobre 2015) et Boston Girl (mars 2016)

Le métier d’attachée de presse est un métier de mouvement, de curiosité et d’attachement. Nous pouvons être associées au processus de fabrication du livre dès la partie éditoriale, avec le choix de la couverture par exemple, puis cela commence véritablement au niveau de la promotion et du marketing pour les campagnes pub. Nous sommes évidemment associées étroitement à la stratégie presse, notamment quand le titre à paraître représente un enjeu pour la maison d’édition. Attachée de presse n’est pas, de mon point de vue, un métier qui comporte de grandes difficultés ; les seules, finalement, c’est quand nous n’arrivons pas à joindre les journalistes ou quand nous n’avons pas de réponse de leur part.

Je me déplace de temps en temps aux côtés des auteurs lors de salons ou de séances de dédicaces, c’est important de les accompagner sur des événements qu’ils ne connaissent pas forcément, c’est important aussi pour nous car cela nous permet de rencontrer nos interlocuteurs (sur des salons, les journalistes et les organisateurs), de parler différemment avec les journalistes parisiens présents (le contexte change les rapports) et de retrouver nos « collègues » du milieu.

On arrive toujours à défendre les ouvrages qui nous plaisent moins

J’ai toujours travaillé pour des maisons dites généralistes, qui proposent des genres très différents et c’est ce qui est excitant ! La diversité du catalogue permet de s’adapter à l’actualité, aux enjeux… C’est aussi ce qui fait que mon métier n’est pas forcément routinier !

Parfois, certains ouvrages me plaisent moins. Mais on arrive toujours à les défendre… Avec le recul, je constate que certains titres qui ne me plaisaient pas ont finalement obtenu des dossiers de presse plus conséquents que des livres que j’avais très à cœur de défendre…

Ce métier répond à la fois à ma passion pour l’actualité et à mon besoin de lire… Dans mon it bag, j’ai toujours un livre et un magazine ! Mon métier me satisfait pleinement mais parfois, je l’avoue, cela fait du bien de ne pas lire….

 

Après une maîtrise d’histoire moderne et une licence professionnelle « métiers du livre », Anne Blondat a officié pendant dix ans en tant qu’attachée de presse au sein de la maison d’édition Jean-Claude Lattès. En 2015, elle a rejoint la maison Hugo & Cie.

 

Dans la même rubrique :

Voyage au bout du livre #7 : Le libraire, un passeur de littérature qui élargit les horizons

Voyage au bout du livre #6 : Importer en France des romans étrangers inédits

Voyage au bout du livre #5 : Reconstruire l’identité littéraire d’une maison installée depuis 1852

Voyage au bout du livre #4 : l’accompagnement éditorial, du manuscrit à l’objet livre

Voyage au bout du livre #3 : le traducteur, garant de la vérité du texte

Voyage au bout du livre #2 : l’atelier d’écriture, aiguillon pour l’imagination

Voyage au bout du livre #1 : l’éditeur, passeur professionnel 

L'Auteur

Sophie Adriansen

Sophie Adriansen est l’auteur d'une quinzaine d'ouvrages en littérature générale et jeunesse ainsi qu'en non-fiction. Elle a signé deux biographies, cosigné des témoignages et été formée à l’écriture de scénario à la Fémis. Elle tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit. Derniers ouvrages parus : Max et les poissons (Nathan, 2015) et Naître et grandir en musique (Télémaque, 2016) http://www.sophieadriansen.fr

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *