Conseils d’écriture

5 questions à Harold Cobert, par Sophie Adriansen

Lecture, écriture, inspiration, style, journée type… comment travaillent les écrivains ? Les témoignages d’auteurs recueillis par Sophie seront une mine de conseils d’écriture et de conseils de lecture pour la communauté de jeunes écrivains qui se pose des questions telles que « Comment écrire un livre ? » « Comment être publié ? » « Comment trouver l’inspiration ? » « Comment travailler son écriture ?… »

 

“Tout a été dit, mais comme personne n’écoute, il faut toujours répéter.” C’est sur cette phrase d’André Gide que démarre l’entretien avec Harold Cobert, émaillé de citations que l’écrivain énonce comme d’autres disent bonjour.

Né en 1974, titulaire d’un doctorat ès lettres, Harold Cobert a notamment consacré une thèse à Mirabeau.

Après le succès d’ Un hiver avec Baudelaire, le roman L’Entrevue de Saint-Cloud est paru en 2010 aux éditions Héloïse d’Ormesson et a remporté le Prix du Style.

VOUS et l’écriture ?

J’ai de longues périodes de non écriture. Je suis un peu comme le thé, j’infuse très lentement. Je viens de terminer un manuscrit pour lequel je prenais des notes depuis 10 ans.

Mais une fois la phase de notes terminée, j’ai une grande rapidité d’exécution. J’ai par exemple écrit « Un hiver avec Baudelaire » en trois mois. Je commence la rédaction lorsque j’ai une idée très précise de ce que je veux faire – même si cela ne se passe jamais exactement comme prévu. C’est d’ailleurs comme ça que je sais qu’un texte est bon : quand il se met à vivre sans moi, quand il prend des chemins inédits pour arriver au point final.

Dans les périodes de rédaction, j’ai beaucoup de mal à lire des romans car je deviens perméable à tout. Je me contente donc d’essais, de témoignages, etc. Quand j’étais plus jeune, je me suis servi de cette capacité d’absorption pour écrire des pastiches. Proust disait que « Chez un écrivain, quand on tient l’air les paroles viennent bien vite. » C’était comme un entrainement, à la manière du pianiste qui fait ses gammes.

Je n’ai pas de rituels, mais les débuts de la rédaction d’un texte sont toujours laborieux. Au bout de dix minutes, je me lève, je trouve toujours une excuse pour faire autre chose. C’est comme si je trempais le pied et constatais que l’eau est froide. Puis je me lance pour de bon, et alors je ne m’arrête que quand j’y suis obligé. Ce sont des périodes étranges, où plus rien d’autre n’a d’importance.

Si je prends mes notes à la main, en revanche je rédige directement à l’ordinateur. De toute façon, j’ai une écriture illisible – et puis j’écris plus vite avec un clavier qu’avec un stylo. Mais surtout, je trouve qu’on est beaucoup plus complaisant vis-à-vis de sa propre calligraphie. Il est moins difficile d’effacer ce qui n’est pas bon à l’écran, l’ordinateur rend un texte plus neutre.

VOUS et la lecture ? Les livres ? Internet ? Vos projets ? … Découvrez la suite de l`interview sur le blog de SophieLit

 

*Sophie Adriansen est écrivain (« Je vous emmène au bout de la ligne » http://www.auboutdelaligne.fr/, Editions Max Milo 2010, « Santé ! » dans Six façons de le dire, Editions du Moteur 2011, « Trois années avec la SLA », Editions de l`Officine 2012, et des nouvelles parues dans les revues littéraires Dissonances, Pr’Ose et Bordel). Plus d`infos sur son site : http://www.sophieadriansen.fr Elle participe à des jurys littéraires et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit (http://actualitte.com/blog/sophielit/)

L'Auteur

Sophie Adriansen

Sophie Adriansen est l’auteur d'une quinzaine d'ouvrages en littérature générale et jeunesse ainsi qu'en non-fiction. Elle a signé deux biographies, cosigné des témoignages et été formée à l’écriture de scénario à la Fémis. Elle tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit. Derniers ouvrages parus : Max et les poissons (Nathan, 2015) et Naître et grandir en musique (Télémaque, 2016) http://www.sophieadriansen.fr

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