Conseils d’écriture

5 questions à Vanessa Caffin, par Sophie Adriansen

Lecture, écriture, inspiration, style, journée type… comment travaillent les écrivains ? Les témoignages d’auteurs recueillis par Sophie seront une mine de conseils d’écriture et de conseils de lecture pour la communauté de jeunes écrivains qui se pose des questions telles que « Comment écrire un livre ? » « Comment être publié ? » « Comment trouver l’inspiration ? » « Comment travailler son écriture ?… »

 

Vanessa Caffin est née en 1976. Romancière, scénariste, journaliste, elle a publié en 2008 chez Anne Carrière un premier roman très remarqué « J’aime pas l’amour… ou trop, peut-être ». Le deuxième « Mémoire vive » est paru en 2010 chez Belfond.

VOUS et la lecture ?

 

Si je suis incapable de lire quand j’écris, en revanche je lis beaucoup lorsque je n’écris pas – un livre tous les deux jours en moyenne. Cela me bloque quand j’écris, mais cela m’inspire lorsque je n’écris pas.

J’aime me poser et lire une après-midi entière, je ne suis pas du genre à grappiller quelques pages ici et là.

Je lis de tout, en particulier beaucoup de polars, avec parmi eux une prédilection pour ceux signés d’auteurs nordiques comme Arnaldur Indridason ou Henning Mankell. J’aime qu’il y ait du suspens, que le roman soit très noir ou un peu moins, comme chez Douglas Kennedy. Je suis également une grande fan de Françoise Sagan, dont j’ai lu toute l’œuvre.

Sagan mise à part, je lis peu de romans français, sans vraie raison d’ailleurs, parce que ce n’est pas ce vers quoi je vais spontanément – à moins, encore une fois, qu’il y ait du suspens, comme chez Maxime Chattam.

Je dévore également une grande quantité de journaux et de magazines, tout ce qui peut nourrir mon écriture finalement.

J’adore acheter les livres, et – un truc de midinette, probablement – je les aime en grand format plutôt qu’en poche. J’aime la beauté de l’objet autant que ce qu’il représente. Je fréquente la Fnac des Ternes, mon QG, je me balade dans les rayons, je me laisse porter. Je fonctionne à la couverture et à la quatrième de couverture, ce sont elles qui guident mes choix plus que les prix littéraires ou l’actualité. Je suis sensible également à la convergence de critiques vers un même ouvrage.

J’emprunte aussi beaucoup, nous nous prêtons des livres entre amis.

Ceux qui sont à moi, je les corne, je les annote dès que je vois une formule qui me plait. C’est difficile pour celui qui passe ensuite !

Lorsque je relis un livre, ce qui m’arrive régulièrement, j’aime retrouver les passages qui m’ont plus la première fois. On réagit différemment à un livre selon les périodes, c’est ce qui fait l’intérêt de la relecture.

Le livre électronique… Ce n’est pas pour moi, je serais incapable de lire à l’écran, j’aime trop le papier, je suis tellement attachée à l’objet… Cela dit, ça va avec l’époque, la nouvelle génération est celle des ordinateurs, du high-tech, de l’électronique. Cette révolution en cours était indispensable.

VOUS et l’écriture ?

 

Pour un roman, le travail d’écriture se décompose en deux temps : je suis d’abord en mode « notes » pendant trois mois (période pendant laquelle je construis l’histoire dans ma tête et je note tout ce que je lis et que j’entends sur mon sujet, jusqu’aux formules de mes amis en soirée) puis je passe en mode « rédaction » pendant trois autres mois.

Je ne me déplace jamais sans mon calepin pendant la première phase, et ensuite, je me mets au clavier. Je ne peux écrire que sur mon ordinateur, un portable que j’emmène partout avec moi.

Sur les conseils de mon entourage, je suis partie trois mois à Los Angeles pour écrire mon troisième roman qui s’y déroule. Etre dans les lieux de mon intrigue a vraiment été bénéfique, l’écriture aurait été différente si j’étais restée à Paris pour rédiger la même histoire.

J’aime écrire très tôt le matin, commencer la journée par deux ou trois heures face à l’écran, et écrire le soir aussi – entre les deux, en revanche, non, ça ne fonctionne pas. Il me faut dans les deux cas du thé et des cigarettes – le thé est vraiment obligatoire et, même si je ne devrais pas le dire, je fume beaucoup quand j’écris.

Je mets la musique à fond, c’est également nécessaire. En revanche, le style de musique varie en fonction de ce que j’écris, de mon besoin d’être boostée ou au contraire d’être au calme – je vais sur You Tube, et je change selon l’humeur.

VOUS et les livres ? Internet ? …

Découvrez la suite de l`interview sur le blog de SophieLit. 

*Sophie Adriansen est écrivain (« Je vous emmène au bout de la ligne » http://www.auboutdelaligne.fr/, Editions Max Milo 2010, « Santé ! » dans Six façons de le dire, Editions du Moteur 2011, « Trois années avec la SLA », Editions de l`Officine 2012, et des nouvelles parues dans les revues littéraires Dissonances, Pr’Ose et Bordel). Plus d`infos sur son site : http://www.sophieadriansen.fr Elle participe à des jurys littéraires et tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit (http://actualitte.com/blog/sophielit/).

 

L'Auteur

Sophie Adriansen

Sophie Adriansen est l’auteur d'une quinzaine d'ouvrages en littérature générale et jeunesse ainsi qu'en non-fiction. Elle a signé deux biographies, cosigné des témoignages et été formée à l’écriture de scénario à la Fémis. Elle tient depuis 2009 le blog de lecture Sophielit. Derniers ouvrages parus : Max et les poissons (Nathan, 2015) et Naître et grandir en musique (Télémaque, 2016) http://www.sophieadriansen.fr

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