A la une

Anne-Véronique Herter :  » Au début, lâchez prise et faites vous confiance »

Anne-Véronique Herter partage sa vie entre sa famille, son travail et ses passions pour la Bretagne, la plongée et la littérature. En 2014, elle a publié son premier roman, Zou ! aux éditions Michalon.

Cette jeune femme pétillante et humaine a accepté de répondre à nos questions pour partager son expérience de jeune auteure.

IMG_2272Comment êtes-vous devenue écrivain ?

Tant de façons d’être écrivain…

Si devenir écrivain c’est écrire, alors je le suis depuis l’enfance. Parce que j’ai toujours écrit des nouvelles, des chansons, des poèmes. J’ai toujours aimé mettre des mots sur des sentiments. Et comme je suis depuis toujours une grande sentimentale, j’ai toujours écrit.

Si devenir écrivain c’est désirer écrire des livres à partager avec le plus grand nombre, je le suis devenue à l’adolescence, où mon plus grand rêve était celui ci, être écrivain.

Si devenir écrivain c’est écrire une histoire à partager, j’ai franchi cette étape lorsque j’ai fini la première version de Zou ! il y a quelques années. J’en avais commencé beaucoup d’autres avant. Mais sans les partager. Juste pour moi.

Enfin, si devenir écrivain c’est publier un livre, je le suis devenue cette année, grâce aux éditions Michalon qui ont vu en Zou ! suffisamment de qualités pour prendre le risque de le publier.

 

Comment avez-vous publié votre premier roman ?

Il y a 5 ans environ, j’ai fini une première version de Zou ! Les grandes lignes étaient faites, certains chapitres finalisés, mais il n’était pas tout à fait terminé. Je me disais à l’époque (de façon très naïve) que, si j’avais du talent, un éditeur le verrait et m’aiderait à finir mon livre (j’étais coincée sur son plan). Je l’ai envoyé à plusieurs maisons d’édition qui, malgré quelques lettres motivantes (et pour la majorité, des lettres types), n’ont évidemment pas retenu mon manuscrit.

Le temps a passé, mais mon entourage m’a poussée à avancer sur mon manuscrit, à la perfectionner et finalement l’achever. Ce que j’ai fait, pour moi, sans toutefois le renvoyer à des maisons d’édition.

Et puis une amie a lu mon manuscrit, l’a aimé et m’a proposé de l’envoyer aux éditions Michalon qu’elle connaissait, afin d’avoir des conseils d’éditeur. Ce que j’ai accepté avec joie !

Contre toute attente, ils ont aimé Zou ! et m’ont offert plus que des conseils : un contrat pour publier mon livre. C’était le début d’une aventure incroyable.

 

Un conseil d’écriture que vous avez reçu et que vous pourriez transmettre aux aspirants écrivains ?

Durant la période d’écriture propre, ne jamais se censurer. Ne pas s’empêcher d’écrire un paragraphe ou une idée, de décrire un sentiment ou une sensation, ne pas refuser de poser sur le papier quelque chose qui nous tient à cœur, ne pas se restreindre au regard des autres. Ne pas écrire pour plaire, ou éviter d’écrire pour ne pas déplaire. Juste oser. Il sera temps plus tard, en relecture, de réduire, corriger, lisser. Puis, avec l’éditeur, d’améliorer le tout. mais au début : lâchez prise et faites-vous confiance !

 

109087_cv.inddRacontez-nous l’histoire de l’histoire de Zou !

Pour comprendre l’histoire de l’histoire de Zou !, laissez-moi d’abord vous raconter l’histoire de Zou !

Chance a une trentaine d’année lorsque son père meurt. A la suite de ce décès, elle doit vendre sa maison de famille. Ce ne sont pas « que » des pierres mais, bien sûr, le mur sur lequel elle s’appuyait depuis toute petite, qu’elle doit vendre… La vie lui enlève sa béquille, ses repères et elle s’écroule.

Zou ! c’est la conversation polyphonique d’une jeune femme, perdue entre son passé et son avenir, avec son ordinateur sur lequel elle écrit pour soulager sa peine. Une conversation avec sa maison bretonne qu’elle ne veut pas quitter, et le mur qui longe la plage. Mais également avec les figures chères de sa vie qui sont parties trop tôt : ses grands-parents, son père, son frère.

Zou ! est un cri d’amour de Chance pour ses racines et un cri d’espoir pour se senfants. C’est savoir avancer, sans oublier. Ne garder que les odeurs, les sons, les images…. Tout ce qui reste et qui fait tant de bien. Zou ! c’est se souvenir pour savoir où l’on va.

 

Zou ! est un roman empreint de souvenirs personnels. Il ne s’agit pas de mon histoire à proprement parler, mais d’une certaine vision, fantaisiste et décalée, d’événements qui m’ont touchée. Evidemment, cette histoire résonne en moi. Je me suis rendue compte que ces douleurs sont universelles. Chacun, comme mon héroïne, a, un jour, dû faire le deuil d’une personne ou d’un lieu. Et il ne faut pas tomber dans le piège de l’oubli total, ni dans celui du passéisme à outrance. Il faut garder tout ce qui est bon et continuer d’avancer avec.

J’ai eu envie d’écrire Zou ! pour raconter une histoire optimiste qui parle aux lecteurs en faisant écho à leur vécu. Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant « tiens, je vais écrire un livre ». En revanche, je me suis réveillée un matin et je me suis mise à écrire, sans savoir où mon écriture m’emmènerai. Et, petit à petit, je me suis dit qu’il fallait que je raconte cette histoire et que je la partage, tout simplement. Ce que j’ai la chance de vivre aujourd’hui !

 

 

L'Auteur

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

8 Commentaires

    • Merci Jean-Charles. Oui il faut y croire et le porter à bout de bras, coûte que coûte. Mais c’est aussi le porter haut et rester fière de lui, qu’importe les critiques (tout en savourant les bonnes…)


  1. Bel article où en quelques phrases transparaissent autant la certitude d’un destin qui se construit que les doutes qui grignotent l’édifice… Je reconnais mon propre parcours étapes par étapes dans ce portait, et adhère au conseil d’écriture, tant mettre en forme ce que l’on écrit par nécessité intime est parfois déroutant – on voudrait que ce soit lu, et l’on se demande ce qui peut rendre notre texte lisible. Mais l’auto-censure a de larges ciseaux, qui, mal dirigés, peuvent laisser de profondes blessures. Merci pour ce partage.