Chroniques

L’autoédition, quand l’écrivain devient éditeur…

Publier son roman… Un rêve cher qui a traversé l’esprit de plus d’un écrivain en herbe ! Le mettre en œuvre semble devenir un vrai parcours du combattant. Mais certains ont trouvé une solution : l’autoédition. Qu’est-ce que c’est au juste ? 

L’autoédition, c’est publier son manuscrit sans passer par l’intermédiaire d’une maison d’édition. L’auteur prend en charge l’impression et la diffusion de son ouvrage. L’avantage de cette démarche réside dans la limitation des frais. Des sites internet, tels que Imprimermonlivre.com, edifree.fr ou lulu.com, proposent la gratuité de leur service : depuis la conception du livre jusqu’au choix du prix. Pas d’avance à fournir et plus de stock ! L’impression numérique permet la fabrication de livres à l’unité/en petite quantité. Seul bémol : un choix impressionnant de formats, de types de couverture, de papier, de reliure, d’impression, etc. On s’y perdrait, surtout les néophytes ! Il faut aussi prendre garde à ne pas mettre trop de fioritures pour éviter le livre « fabriqué maison »…

L’autoédition, c’est toucher des droits d’auteurs plus importants. L’auteur est libre du prix qu’il veut fixer. En passant par les maisons d’éditions, il touche 8 à 10% du prix indiqué en quatrième de couverture alors qu’avec l’autoédition les droits vont jusqu’à 80% du prix. Mais un auteur aura-t-il assez d’objectivité face à son « chef d’œuvre » qui vient de naitre ? Pas facile de prendre du recul quand on a le nez dedans et de juger soi-même de la qualité de son « œuvre » ! Les sites internet, quant à eux, se rémunèrent grâce aux frais de maintenance du site, aux coûts de transactions bancaires, aux services qu’ils proposent ou à un pourcentage prélevé sur le prix de vente : certains sites proposent non seulement aux auteurs de publier son manuscrit mais également une visibilité et la vente du livre sur leur site.

Mais l’autoédition, c’est aussi la difficulté de se distinguer de tous les autres auteurs. Comment trouver sa place parmi cette montagne de livres édités chaque année et devenir LE best-seller ? Pas vraiment de réponse à cette question. Il en va de la chance et des efforts de l’écrivain car qui dit autoédition, dit autopromotion. Pour se faire connaitre et vendre ses œuvres, l’auteur doit maitriser l’art de la communication et du marketing, même du digital marketing ! En effet, la distribution change : les livres autoédités n’empruntent plus le circuit de distribution classique, les libraires, mais passent par des librairies en ligne, comme amazon.fr, qui proposent un meilleur référencement et une base de données clients déjà fournie. L’auteur a aussi la possibilité de vendre son livre directement chez des libraires en créant des partenariats avec eux.

L’autoédition suscite la polémique. Un écrivain peut-il porter la triple casquette, auteur, éditeur, distributeur, tout en conservant le savoir faire de chaque métier/sans dénaturer chaque métier ? Souvent synonyme d’amateurisme et d’artisanat, le livre autoédité est vu d’un mauvais œil puisqu’il passe entre les mailles du filet des maisons d’édition, connues pour être le garant d’un livre d’une certaine qualité littéraire et esthétique. Cette année, le prix Goncourt a jeté un pavé dans la mare en introduisant dans la deuxième sélection le livre autoédité, L’Homme qui arrêta d’écrire, de Marc-Edouard NABE (www.marcedouardnabe.com). Pour la première fois, un livre autoédité est entré en compétition dans un prix littéraire. L`autoédition gagnerait-elle petit à petit en légitimité ?

N`hésitez pas à nous donner votre avis !

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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