Chroniques

Les éditeurs lisent-ils les manuscrits envoyés par la Poste ?

Hier soir, nous avons assisté à la traditionnelle soirée des premiers romans de la Société des Gens de Lettres (SGDL), institution au cœur de la vie littéraire française et de celles des auteurs depuis le début du XIXe siècle.

Pierrette Fleutiaux (présidente de la Commission des affaires littéraires de la SGDL) et l’écrivain Carole Zalberg nous ont régalés d’une introduction déclamée en duo pour présenter les cinq premiers romans de la rentrée littéraire qu’elles avaient choisi de faire découvrir à un public venu en nombre assister à ce « concert de la langue française ».

Virginie Deloffre  (Léna, Albin Michel), Hélène Gestern  (Eux sur la photo, Arléa), Alain Guyard  (Le Zonzon, Le Dilettante), Alexis Jenni  (L`Art français de la guerre, Gallimard) et Sylvie Tanette  (Amalia Albanesi, Mercure de France), étaient donc réunis autour du libraire Philippe Leconte (Le Livre écarlate, Paris) pour partager leur première expérience romanesque.

Nous avons passé deux heures suspendus à leurs lèvres, écoutant avec émotion leurs témoignages et les extraits choisis de leurs textes. Et nous avons découvert cinq écrivains habités par leurs romans, tous venus s’ajouter sur le dessus de notre PAL*.

Pour clore cette magnifique rencontre, une petite dame du public a eu la géniale idée de poser une seule et unique question à chacun d’entre eux : « Racontez-nous comment vous êtes arrivé à publier votre premier roman ? »

Amis écrivains qui rêvez de publier votre premier roman, ouvrez grands vos yeux et reprenez confiance : ces 5 auteurs avaient TOUS envoyé leurs manuscrits par La Poste ! Aucun n’avait de « contact » dans le milieu de l’édition, ils ont simplement tenté leur chance en envoyant leur texte à une ou plusieurs maisons d’édition. Si certains avait ciblé leurs envois, Alain Guyard raconte avoir fait « 60 copies » de son manuscrit dans l’optique « d’inonder les maisons d’éditions de France, de Belgique et même du Canada » pour finalement  s’arrêter après le premier tiers car il mettait un temps fou à faire ses envois, fautes d’enveloppes suffisamment grandes !

Alors, faut il être connu ou pistonné pour qu’une maison d’édition daigne ouvrir votre manuscrit ou pour accéder aux comités de lecture ? La réponse est non. Les éditeurs lisent-ils les manuscrits envoyés par la Poste ? La réponse est oui. A condition de proposer un manuscrit de qualité et d`avoir mis toutes les chances de son côté.

A lire pour vous aider :  10 recommandations pour optimiser vos chances d`être publié(e) par Ronald Blunden (aujourd`hui directeur de la com du groupe Hachette Livres après avoir été, entre autres, directeur éditorial des Editions Calmann-Lévy et directeur littéraire des Editions Mazarine) .

* Pile à lire !

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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