Coulisses de l’édition

J’y étais à la Foire de Francfort ! par Caroline Vermalle

Par Caroline Vermalle

L’automne venu, un événement mérite qu’un auteur descende de sa tour d’ivoire pour lui : c’est la Frankfurter Buchmesse, ou le salon du livre le plus important au monde qui se déroule à Francfort tous les mois d’octobre.

C’est non seulement là que la carrière d’un écrivain se joue. Mais c’est surtout un rappel spectaculaire que la littérature est avant tout un business.

J’y étais pour l’édition 2011, car l’éditeur allemand (Bastei Lübbe) de mon roman L’Avant-Dernière Chance est devenu mon éditeur tout court – mon second roman (pourtant écrit en français) paraîtra d’abord en Allemagne, en avril prochain.*

Bref, j’étais à la Frankfurter Buchmesse pour la deuxième année consécutive. Cette fois-ci, je savais donc à quoi m’attendre, et pourtant, j’ai à nouveau ressenti devant cette gigantesque manifestation une sensation de profonde humilité mêlée de grande fierté.

Humilité car il s’y trouve tant de livres, tant de millions de livres et de pages noircies de tant de milliards de mots que malgré les compliments et la ferveur de ses lecteurs, un auteur ne peut s’empêcher de penser que le monde n’a pas besoin d’un livre de plus.

 

Fierté car un livre naît de si peu : une idée, une émotion, les fils ténus d’une histoire personnelle, une étincelle d’inspiration dans la pénombre d’un bureau solitaire – et de ces poussières on en a fait des temples, une industrie, des métiers et finalement le quotidien de dizaines de milliers d’hommes et de femmes, qui se retrouvent ici lors de cette grand-messe de l’édition.

Mon livre, il est là, c’est le petit couleur lavande qui a gagné une demi-étagère à la sueur du front de Georges, Charles et Adèle**. J’espère qu’un jour il sera grand comme çà  – ce jour-là, peut-être aurai-je le droit de parcourir la grande foire du livre dans le VIP shuttle !

 

Car à Francfort, qu’y fait-on ? On deale. On parle marchés, contrats, cessions de droits. On pitche des histoires avec des attachés-cases, on parle d’histoires de meurtre ou de passion en se passant des cartes de visite ou d’un petit verre de blanc.

 

 

 

Pourquoi ? Pour attraper les lecteurs bien sûr, par continents entiers. Et à Francfort, on attrape le lecteur par tous les moyens…

  

 

La foire de Francfort, c’est toute l’industrie du livre concentrée dans un endroit. Ma photo emblématique du salon de Frankfort, la voici.

 Chouette, n’est-ce pas ?

  

*Compliqué, je sais – les circonstances de cet accord singulier feront l’objet d’un billet ultérieur.

** Personnages principaux de L’Avant-dernière chance

 

Retrouvez Caroline Vermalle sur Le Mog : www.lemog.eu.com  (Photographie Cyril Delettre)

L'Auteur

Caroline Vermalle

Après des études de cinéma, Caroline Vermalle a travaillé à Londres pour la BBC, où elle a écrit et produit des documentaires. En 2009, elle a publié son premier roman, L’Avant-Dernière Chance (Calmann-Lévy, Le Livre de Poche), qui a été récompensé par le Prix Nouveau Talent 2009 et le Prix Chronos 2010. Après avoir fait un tour du monde en 2012, elle s’est installée avec sa famille en Vendée, juste en face de l’Île-D’yeu, qui lui a inspiré L’Île des beaux lendemains (Belfond, Pocket). Après Sixtine (Black Moon), un thriller pour la jeunesse paru en 2013, Caroline Vermalle publie son 3ème roman en mars 2014, Une collection de trésors minuscules (Belfond).

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