Ils ont participé

Le Labo de l’écriture vu par une participante : témoignage de Caroline Franc-Desage

Dans notre billet précédent nous vous avons fait découvrir en images le Labo de l’écriture que nous avions installé au Salon du Livre de Paris en mars : superbe expérience que ces 4 jours d’ateliers d’écriture pour les 12 participants et pour nous-mêmes !

Comme promis, voici un premier témoignage que nous vous invitons à découvrir : à travers, 4 billets publiés au fur et à mesure du stage sur son blog Pensées de ronde, Caroline, l’une des 12 participantes, vous fait vivre cette aventure de l’intérieur.

Labo d’écriture des Nouveaux Talents, #1, par Caroline Franc-Desage

C’est une petite pièce bleue, comme une bulle au milieu du salon du livre. Un labo d’écriture, qui pendant quatre jours sera ma deuxième maison, partagée avec 11 autres aspirants écrivains* et notre vénérable professeur, Bruno Tessarech, auteur de son état.

Hier, c’était le premier épisode de ces quatres séances et je dois bien vous avouer que je n’en menais pas large. C’était amusant la façon dont timidement nous nous sommes présentés les uns au autres, avec probablement cette question en suspens: « qu’est-ce qu’il ou elle a dans le ventre, vais-je être impressionnée, vais-je le surprendre ? ».

Très vite des ébauches de réponses. Le premier exercice consistait à nous décrire, sous la forme d’un texte, histoire d’échapper aux barbantes présentations sous forme de CV: « Caroline, 40 ans, trois enfants, journaliste ».

Nous avons égrené les uns après les autres nos autobiographies et petit à petit, les caractères façon La Bruyère se sont dessinés. Vincent, un enfant, bientôt un autre, travaille dans l’informatique. Bénédicte, fut comédienne mais ne veut plus qu’écrire. Charles, Limoges, a des personnages dans sa tête et ne demande qu’à les faire vivre. Patrick  qui n’aime pas l’avion ni arriver en retard débarque en cours de route après avoir manqué son vol. Laetitia est bretonne avant tout et un sens de la formule qui fait mouche à tous les coups. Marion vient de Lyon et voudrait parvenir à terminer ses histoires, etc.

Au moment de lire ma prose, je ne cacherai pas avoir eu la voix qui tremblait et l’envie de disparaitre. Et puis finalement, l’intérêt d’un jeu auquel tout le monde participe, c’est que justement, tout le monde participe. Très vite la peur du jugement s’évanouit, ne reste plus que le plaisir d’être rassemblés pour la même cause: trouver nos mots.

La suite de la séance s’est passée à réfléchir sur ce qui fait l’essence d’un roman. Et de nous apercevoir que nous étions nombreux, moi y compris, à faire fausse route: l’intrigue arrive après, bien après les personnages. Et ce même dans ce genre le plus symptomatique en la matière: le polar. Preuve à l’appui, nous a démontré Bruno Tessarech: « je vous dit Conan Doyle ? Sherlock Holmes. Fred Vargas ? Adamsberg. Agatha Christie ? Hercule Poirot ». Etc etc etc. 

Notre prochaine mission releva donc de l’évidence: trouver notre personnage. Celui à qui nous donnerions sinon vie, au moins quelque substance dans les jours à venir. Le décrire, dans un premier temps, pour qu’il prenne corps. Sans tomber dans le piège consistant à rédiger malgré nous ce qui serait la première page d’un roman. Piège dans lequel j’ai non seulement sauté à pieds joins mais même plus encore: en lieu et fait d’un portrait, j’avais écrit un synopsis.

Il n’empêche qu’à l’issue de ces quatre heures, lorsque nous avons fermé la porte de notre maison bleue, je suis presque sûre d’avoir entendu les murmures de douze personnages, déjà en mal de leurs auteurs. Et lorsque ce matin nous sommes arrivés, nous avons chacun, presque instinctivement repris nos places avec le sentiment de retrouver ceux que nous avions laissés la veille.

A suivre…

Edit: Pour rappel, je suis donc pendant quatre jours un atelier d’écriture organisé par la Fondation Bouygues Telecom. Dans le cadre d’un partenariat avec la fondation, j’ai pour mission, outre de m’imprégner religieusement des conseils avisés de Bruno Tessarech, de relater ici cette expérience.

Edit2: Un grand merci à Céline et Dorothée, nos deux marraines qui se penchent tous les matins sur notre berceau.

* Patrick, Charles, Pascale, Laetitia, Benedicte, Marion, Marie, Mélisande, Vincent, Karine et Céline

Rendez-vous sur le blog de Caroline Desage pour lire les 3 billets suivants :

Labo d’écriture des Nouveaux Talents, #2

Labo d’écriture des Nouveaux Talents, #3

Labo d’écriture des Nouveaux Talents, #4

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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5 Commentaires

  1. Petite erreur! Je me suis inconsciemment mis dans la peau de Caroline, écrivant « ai » au lieu de « est »…
    Correction:
    Intéressant témoignage! Cela a titillé ma curiosité et je voudrais savoir où en est Caroline dans sa quête littéraire…


  2. Intéressant témoignage! Cela a titillé ma curiosité et je voudrais savoir où en ai Caroline dans sa quête littéraire…


  3. J’étais là. J’ai tout vu. Derrière l’épaule gauche de Caroline. Telle que la photo la montre, mi-effarouchée, mi-intimidée, en tout cas presque muette sous une mèche un peu rebelle. Il fallait tendre l’oreille pour percevoir son murmure rapide, effréné, derrière une cascade fragile de cheveux blonds. Elle avait quoi, huit ans à cet instant? Une petite fille derrière un écran tout blanc, calée devant un clavier plat sur lequel elle s’activait avec une rare dextérité. J’ai trouvé ça louche. Me suis méfié. Me suis dit : »Cette nana va t’en flanquer plein la figure en moins de trois lignes. Faut t’accrocher à ton siège mon mignon ». Ca n’a pas loupé. Décollage assuré. Caroline? Un talent mais un talent timide qui lit trop vite ce qu’il a écrit, de peur de décevoir ou de crainte de je ne sais quoi. Caroline, c’est un talent d’adulte avec des effarouchements d’enfant. Bon alors, tu nous l’écris, ton roman? J’attends. Nous attendons…