Métiers de l’édition

Entretien avec Jérôme Vermelin, rédacteur en chef adjoint du quotidien Metro

Ce n`est pas parce que Metro est partenaire du Prix Nouveau Talent que nous avons voulu rencontré Jérôme Vermelin. Nous avions surtout envie de mieux comprendre son métier, son rapport à l`écriture, à la lecture, à la littérature, au numérique… « Curiosité » et « partage » sont ses maîtres mots au quotidien, une posture qui nous va bien !

Qui êtes-vous  ? Je suis rédacteur en chef adjoint du quotidien gratuit Metro, en charge de la culture et des médias depuis 2006. J`ai participé au lancement du titre, en 2002, après diverses expériences en presse écrite et Internet. J`ai longtemps couvert la politique, notamment les présidentielles de 2002 et 2007. Mais ma passion de la culture l`a peu à peu emporté sur les promesses des politiques. J`ai suivi des études de sciences politiques à l`Institut Libre d`Etude des Relations Internationales (ILERI), et je suis titulaire du DESS Techniques de l`Information et de Journalisme, de l`Institut Français Presse (IFP), à l`université Paris II.

Quelques mots sur le quotidien Metro ? Metro France est une filiale de TF1, un titre dont la première édition a été lancée à Stockholm, en 1995. Aujourd`hui il compte 17,13 millions de lecteurs dans une vingtaine de pays, soit le quotidien le plus lu au monde. En France, où il a été lancé en 2002, il est tiré à 760 000 exemplaires en moyenne, et lu chaque jour par 2,4 millions de personnes dans les 15 plus grandes villes de l`hexagone. Metro France emploie une centaine de collaborateurs, dont 45 journalistes à Paris et en province.

En quoi consiste votre métier ? Mon métier, c`est d`être curieux, et de partager cette curiosité avec mes lecteurs. C`est d`ailleurs pour moi la principale qualité à avoir pour faire ce métier. Une bonne plume aide aussi, bien sûr. Dans nos choix culturels, j`insiste sur deux dimensions : parler des artistes que nos lecteurs « urbains actifs » plébiscitent ; et leur faire découvrir de nouvelles têtes, sans à priori. Si l`on parle plus précisément des livres, on retrouvera aussi bien dans nos pages Guillaume Musso que Sofi Oksanen, Jean-Christophe Grangé que Haruki Murakami, Marc Levy que Marien Defalvard. SJ Watson que Sylvain Tesson. Personnellement je n`aime pas l`idée qu`il y aurait une « littérature sérieuse » d`un côté, et une « littérature de genre » de l`autre. Une certaine presse hiérarchise les auteurs comme ça. Or je suis persuadé que les lecteurs ne font pas leur choix de cette manière. C`est la même chose au cinéma. On peut aller voir Intouchables et aimer les films d`auteurs, non ?Plusieurs fois par an, j`anime des rencontres avec des auteurs, dans le cadre du Club Metro, notre club de lecteurs, et je m`aperçois sans cesse que ces derniers sont plus ouverts d`esprit que bien des journalistes !

Quelles évolutions pour votre métier à l’heure des nouvelles technologies, d’Internet et du livre numérique ? Nos sujets sont pensés pour des formats courts qui correspondent, je pense, à la consommation d`infos sur Internet. Je préfère une interview courte, bien rythmée, qu`un long de tunnel de questions réponses sans relance du journaliste. Et les nouvelles technologies nous obligent à être plus percutants, de toute façon. Le public actuel a l`habitude de zapper d`un sujet à l`autre, d`un support à l`autre, et il faut l`accrocher tout de suite pour ne pas le perdre définitivement. Le livre numérique ? J`avoue que je ne ressens pas de désir particulier, comme l`écrasante majorité des Français si j`en crois les chiffres récents. Mais je n`ai rien contre par principe.

Qu’est-ce qui vous plait le plus dans votre métier ? Quel lecteur êtes-vous ?  Ce qui me plaît le plus dans mon métier, c`est la diversité des rencontres, et les opportunités qui me sont offertes d`approcher des milieux différents du mien. Toujours la curiosité, donc. C`est assez enivrant parfois, souvent chronophage, mais c`est un job qui vous oblige à rester « connecté » en permanence. J`ai envie d`entendre les nouveaux disques, de voir les nouveaux films, de lire les nouveaux livres. En ce moment je dévore le nouveau Franck Thilliez, « Vertiges », une histoire de survie en milieu hostile. Et « Le Système Victoria » d`Eric Reinhardt est en haut de la pile, à côté de mon lit, le seul endroit où j`arrive à lire tranquille.

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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