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La première fois que…j’ai découvert les résidences d’écriture

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Vous le savez peut-être, mais en France, des dizaines de lieux sont réservés à la création littéraire. On y passe un mois, six mois, un an ou même deux, moyennant finances ou gratuitement.

Les sélections pour ces résidences d’écriture ou d’auteurs se font sur dossier et demandent – le plus souvent – d’avoir déjà publié un ouvrage pour pouvoir séjourner entre ces (jolis) murs.

Monument historique, château perdu ou cabane dans les bois, ces espaces coupés du monde sont l’occasion de se retrouver en tête à tête avec son manuscrit, sans toutes les perturbations quotidiennes qui nous en écartent (quoi Facebook, Twitter, les nouveauxtalents.fr ? Moi je ne suis – presque – pas accro à Internet). Certains écrivains préfèrent l’agitation grouillante des villes, plutôt terrasse de café que face à face avec les insectes des prés. Mais pour ceux qui ont besoin de solitude et de rupture, ces endroits sont du pain béni.
Expression d’ailleurs bien à propos puisque les deux résidences que j’ai découvertes sont d’anciens bâtiments religieux.

La première, dédiée aux résidences courtes, est située à Saorges, dans les Alpes Maritimes. On y séjourne dans des « cellules » aussi spartiates qu’à l’époque des moines. Un petit lit, un placard et un bureau. Point. Aucun bruit durant toute la journée. Les écrivains semblent en pénitence. Là pour l’art. La solitude. La quiétude… et la hippie attitude des habitants du village. Un village sans voiture, sans supermarché, où le bio est la norme, où les paons se baladent comme ailleurs les pigeons et où le Front de gauche et les verts font plus de 50% aux européennes. Bref un endroit comme il n’y en a plus. On y reste au maximum trois mois.

Mais pour ceux qui ont besoin d’une coupure prolongée avec leurs vies hyperactives, je ne vous conseille qu’un lieu… L’Abbaye de la Prée ! Un ami proche y a résidé deux ans au milieu des bois, avec d’autres artistes issus de toutes les disciplines (des musiciens classiques, peintres, sculpteurs, poètes…). L’Abbaye est gérée par l’association Pour que l’esprit vive, créée par le fondateur des Petits frères des pauvres. Une aile de l’Abbaye accueille également des personnes âgées pendant l’hiver.

Billet 4 - residence d'écritureDans ce domaine, en plein cœur du Berry, les téléphones portables ne captent pas le réseau, Internet n’est accessible que dans une salle. Les couloirs et les appartements des résidents sont immenses, de sorte que l’on peut ne croiser personne. Alors, une fois le calme apprivoisé, on se tourne vers ses personnages, vers ses décors, ses histoires inspirées par toutes celles qu’abritent les pierres alentours. Et puis, quand l’envie d’échange nous reprend, on descend dans les pièces communes.

Ici, on est seuls, mais on est surtout ensemble. Tous les âges, tous les pays s’y côtoient. LIBERTÉ pourrait être gravée sur le fronton de cette abbaye. La direction suggère l’échange, le partage à travers des rencontres ou des lectures, mais rien n’est imposé. Aucune obligation de résultat. C’est d’ailleurs sûrement pour cela qu’il y en a.

Pour ceux qui rêvent d’une échappée littéraire, la Maison des écrivains recense ici la liste de ces lieux rési(provi)dentiels.

L'Auteur

Sandra Reinflet

Sandra Reinflet est née en 1981. Auteure de deux premiers livres, Same same but different et Je t’aime [maintenant] (Michalon Éditeur), elle vient de publier “Qui a tué Jacques-Prévert?”(La Martinière), ouvrage tiré du reportage éponyme. Sandra est également auteur-compositeur de chansons. Par le texte, la musique et la photographie, cette voyageuse touche-à-tout passe son temps à modeler et inventer des histoires vraies.

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