Chroniques

Le(s) mot(s) de la fin ou la sagesse d’Oscar, par Caroline Vermalle

Le Mog

La question qui revient le plus souvent sur cette plateforme est « Comment être publié » ? Et plus qu’à mon tour, j’y suis allée de mon petit conseil, qui va du pitch raccourci assaisonné de psychologie de comptoir (billet Connais-toi toi-même) aux gentilles sirènes de l’auto-édition ( billet La grande porte et la petite porte) en passant par les pouvoirs obscurs d’un tableau Excel (si si, c’est ici – billet l’art de cogner le gnome).

Mais il me semble que je n’ai pas abordé ce qui se passe bien avant la lettre aux éditeurs, bien avant le mot FIN sur un manuscrit, bien avant même de mettre le premier mot sur une page. Pour ma dernière chronique* pour Les Nouveaux Talents, j’aimerais donc parler de l’essentiel.

Permettez-moi, pour illustrer mon propos, de citer un plus grand que moi.

(Soyez vous-même. Tous les autres sont déjà pris).

Depuis quelques temps, ces mots d’Oscar Wilde sont punaisés au-dessus de mon bureau.

Il m’arrive souvent de faire une pause de quelques instants pour prendre toute la mesure ce que cela veut dire. Essayez, c’est assez magique.

Parce que finalement, il n’y a peut-être pas d’autre secret. Aucun des auteurs que j’admire (ou peintre ou cinéaste ou musicien) n’a fait du copier-coller. Ils ont créé avec ce qu’ils avaient. Ils ont fait du grand avec des petits riens. C’est tout.

« Les vieux, ça marche pas », j’ai entendu dire. J’ai aussi lu que les lecteurs préfèrent quand l’action d’un livre se passe dans un décor familier (les grandes capitales sont très populaires). Et une happy end, si on veut réussir, est un must.

Mon premier roman met en scène des héros de 80 ans, dont l’un meurt à la fin, et se passe dans la tranquilité ordinaire du bocage poitevin. Quatre traductions et onze éditions plus tard, je regarde les mots du vieil Oscar et je souris.

Mais il m’est arrivé d’oublier. Pendant presque deux années, lors de l’écriture d’un second manuscrit à présent enfoui dans mes archives, j’ai cru que je perdais le fil d’une histoire. En vérité, je perdais mon propre fil, emmêlé dans les attentes des autres.

Je m’en suis remise.

A présent, ces quelques mots affichés sur mon mur me rappellent que si j’invoque le droit de croire que l’écriture est ma vocation, alors ma seule obligation est de faire suivre à ma plume son propre chemin. Pour le pire comme pour le meilleur.

Et aussi pour la chance, un jour peut-être, de me surpasser.

Sur ces mots, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter bon courage, le courage de croire en vous.

Be yourself. Everyone else is taken.

 

* à partir du mois prochain et tous les 1ers jeudis du mois, Caroline Vermalle répondra en direct aux questions postées sur le chat et le forum des nouveauxtalents.fr, sur Facebook, etc…

Retrouvez Caroline Vermalle sur son blog : www.carolinevermalle.com

 

L'Auteur

Caroline Vermalle

Après des études de cinéma, Caroline Vermalle a travaillé à Londres pour la BBC, où elle a écrit et produit des documentaires. En 2009, elle a publié son premier roman, L’Avant-Dernière Chance (Calmann-Lévy, Le Livre de Poche), qui a été récompensé par le Prix Nouveau Talent 2009 et le Prix Chronos 2010. Après avoir fait un tour du monde en 2012, elle s’est installée avec sa famille en Vendée, juste en face de l’Île-D’yeu, qui lui a inspiré L’Île des beaux lendemains (Belfond, Pocket). Après Sixtine (Black Moon), un thriller pour la jeunesse paru en 2013, Caroline Vermalle publie son 3ème roman en mars 2014, Une collection de trésors minuscules (Belfond).

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