Chroniques

Pour une poignée de dollars, par Caroline Vermalle

Ou la révolution de l’auto-édition made in USA

Connaissez-vous Barry Eisler, Joe Konrath et Amanda Hocking ? Non ? Pourtant, ce sont les personnages d’un conte de fées fascinant… Laissez-moi vous le conter.

Il était une fois, au milieu d’un grand désert, une romancière en herbe – vous. Vos bras encombrés de 200 pages infusées de sueur et de nuits blanches : votre roman. Sur vos joues, des larmes nées des rejets de perfides éditeurs parisiens. Vous marchez, encore et toujours, telle une Dorothy sur les chemins d’Oz dont les talons usés d’une armée d’auteurs bafoués auraient gâté le lustre.

Arrivée au faîte d’une dune, vous décelez une oasis qui scintille au loin –une ville. Vous vous approchez. Est-ce possible ? Ses gratte-ciels sont construits de milliards de livres, ses habitants occupés à les lire et ses rues pavées d’or et de billets verts…

Vous descendez plus près, redoutant le mirage. Vous vous arrêtez soudain : au bout d’une potence, un squelette se balance dans la brise du soir, le mégot d’un cigare coincé entre ses dents jaunies et des lunettes Gucci de guingois sur son crâne. En-dessous, un panneau : Editeurs, soyez prévenus ! Vousvous ruez alors vers la lourde porte et vous apprêtez à frapper avec l’énergie du désespoir… ô surprise ! La porte se révèle être aussi légère qu’un clic de souris Apple.

La mégalopole s’appelle CreateSpaceet s’offre à vous. Et là, Toto, c’est clair qu’on n’est plus au Kansas.

A peine avez-vous fait un pas que votre roman se retrouve dans la plus grande librairie du monde. Accessible à des millions de lecteurs. En version e-book et en version papier. Vous avez choisi votre couverture, votre biographie, votre « quatrième de couv’ », votre photo – et le prix de votre livre. Et pouf, voilà le chef d’oeuvre qui brille comme un camion tout neuf sur une étagère juste pour vous, sans fin et éternelle. Vous n’avez plus qu’à attendre le facteur ailé qui déposera à vos pieds épuisés le chèque mensuel contenant 70% des recettes. Ding dingding, fait la caisse enregistreuse.

Mortecouille ! Après une pléthore d’unités vendues, les ventes s’essoufflent ! En quelques coups de baguette magique, vous baissez le prix du livre (offre spéciale !), vous améliorez la couverture et qu’à cela ne tienne, vous supprimez le chapitre 12 qui ralentit l’intrigue. Ah, les ventes décollent ! Après avoir dansé au clair de lune etre-augmenté le prix du livre en soufflant dessus, vous dépoussiérez deux nouvelles « de jeunesse » et les posez délicatement sur votre étagère auréolée de succès. Re-ding ding.

Et voilà.Vous et votre MacBookPro vous marièrent et eurent beaucoup de best-sellers et c’est la fin de l’histoire.

On aimerait s’y voir, non ? Heureusement, il y a belle lurette qu’on ne croit plus aux contes de fées. Sinon, on commencerait à être comme qui dirait amers. On se dirait que les 8% des recettes que nous promettent les éditeurs, c’est un tantinet léger.Et les 12 mois entre un manuscrit fini et une publication, un tantinet longuet. On en aurait des velléités d’indépendance, et de là à ce qu’on exige de choisir la couverture, la biographie, la 4èmede couv’, le prix et tout le reste, il n’y a pas des kilomètres.

Les écrivains que nous sommes sont peut-être « en herbe », mais ne sont pas nés de la dernière pluie non plus. On a bien compris qu’un éditeur amène toute l’expertise et l’expérience qu’un auteur ne possède pas, que le livre sera de bien meilleure qualité une fois passé entre ses mains et que lui seul peut nous offrir une carrière digne de ce nom.

Parce qu’entre nous, l’auto-édition  – c’est bien de ça dont on parle à CreateSpace, n’est-ce pas – l’auto-édition disais-je, c’est bon pour les piafs et les derniers de la classe. Alors on arrête de rêvasser et on se traîne jusqu’à la Poste avec nos enveloppes à bulles, timbrées pour Saint-Germain-des-Près.

Mais damnit ! J’ai oublié de vous parler de Konrath, Eisleret Hocking, comme promis ! Alors voilà. Ce sont des auteurs en chair et en os…qui voudraient nous faire croire que le conte de fées, c’est pour de vrai. Que CreateSpaceexiste, grâce à un gentil géant nommé Amazon (version US uniquement). Et que sur la carte du Tendre de ce monde merveilleux, il y a aussi Nook, SmashWords, etc… M’enfin ?

Barry Eisler est l’auteur d’une tripotée de thrillers (édités en France par Pocket et Belfond), dont la majorité a transité par la liste des bestsellers du New York Times. Et il y a quelques mois, il a refusé un contrat d’un demi-million de dollars pour deux livres, pour pouvoir pousser la porte de CreateSpace, c’est-à-dire s’auto-éditer.

Joe Konrathest un ours bourru assis sur une montagne de dollars mêlés de lettres de rejet de maisons d’édition. Couronné pourfendeur de l’auto-édition, il partage sur son blog sa stratégie pour conquérir les lecteurs via CreateSpace, ses expériences de « pricing » et les articles sur la révolution numérique aux Etats-Unis. Grâce à sa générosité, les éditeurs new-yorkais sont toujours habillés pour l’hiver.

Amanda Hocking peut se targuer elle aussi d’une jolie collection de lettres de rejet. Mais ses 9 ebooks autoédités qui parlent d’amours adolescentes entre elfes et/ou vampires se sont vendus à ce jour à presque 1 million d’exemplaires. Pas mal pour une geekette solitaire de 26 printemps.

Alors, l’auto-édition numérique : une chimère ou un ticket pour la liberté ? Avant que vous ne brûliez vos enveloppes à bulles ou criiez à l’arnaque, sachez qu’Amazon n’a pas ouvert les portes de CreateSpaceen Europe. Et on murmure que ce n’est pas demain la veille.

En attendant que cette option made in USA arrive à côté des chez nous, il n’y a qu’une chose à faire, naturellement : peaufiner nos manuscrits. Qu’il soit en papier ou en pixel, estampillé éditeur ou fait maison, un bon livre sera toujours un bon livre…

Fin.

Fin ? Non, vous savez bien que toutes les bonnes histoires ont un dernier « twist » : Amanda Hocking vient de signer un deal de 2 millions de dollars avec un des plus grands éditeurs US.« Et elle suivit la fumée du Havane, laissant derrière elle la porte de la cité idéale fermée à jamais… »

La morale de cette histoire ? A vous de me la donner dans vos commentaires !

Retrouvez Caroline Vermalle sur son blog : www.carolinevermalle.com

(Photographie Cyril Delettre)

Voir aussi le précédent billet sur l`autoédition et l`interview de Caroline Vermalle, lauréate du Prix Nouveau Talent en 2009 pour son premier roman L`avant-dernière chance qui a également reçu le Prix Chronos 2011.

L'Auteur

Caroline Vermalle

Après des études de cinéma, Caroline Vermalle a travaillé à Londres pour la BBC, où elle a écrit et produit des documentaires. En 2009, elle a publié son premier roman, L’Avant-Dernière Chance (Calmann-Lévy, Le Livre de Poche), qui a été récompensé par le Prix Nouveau Talent 2009 et le Prix Chronos 2010. Après avoir fait un tour du monde en 2012, elle s’est installée avec sa famille en Vendée, juste en face de l’Île-D’yeu, qui lui a inspiré L’Île des beaux lendemains (Belfond, Pocket). Après Sixtine (Black Moon), un thriller pour la jeunesse paru en 2013, Caroline Vermalle publie son 3ème roman en mars 2014, Une collection de trésors minuscules (Belfond).

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4 Commentaires

  1. Pour qui et pourquoi écrivez-vous?

    Vous écrivez en aspirant vendre des millions d’exemplaires?
    Certes je vous comprends, quel aspirant écrivain n’a-t-il pas bercé ce doux rêve? (je vous rassure, je fais partie du nombre).

    Alors faites des phrases simples, sujet-verbe-complément ( et encore, un complément simple!), parfaitement insipides avec des tas de détails hyper importants pour asseoir la profondeur psychologique des personnages (genre il aime les brocolis pas trop cuits) sans oublier ces 3 ingrédients :

    1- il enfile ses vieilles baskets Nike pour aller courir son footing quotidien à Central Park (ah oui, j’oubliais un détail, faites toujours dérouler votre action au Stéitse parce qu’en Europe – pire, en France! presque une honte- c’est vraiment trop ring’- ou alors la France, c’est Paris et c’est seulement pour un WE en amoureux avec chambre au Ritz et du shopping chez Vuitton-Chanel d’où l’on rentre trempé bien sûr à cause d’un orage d’été si imprévisible à l’abri d’un imperméable volé sur une chaise (on est canailles!) jeté au-dessus des deux têtes – so romantic- parce qu’aucun taxi ne circulait puisqu’en France, il y a toujours grève de tout tout le temps, c’est bien connu…, ou c’est uniquement parce qu’on a été obligé de se poser à l’aéroport de Roissy pour attraper une correspondance pour Ouachinguetone) parce que le sport c’est vraiment une hygiène de vie qu’il n’abandonnera pour rien au monde, notre héros

    2- après son footing sous la neige et des billets verts donnés à des SDF (il est gentil le monsieur, il a trouvé ça qui traînait au fond de son short), il salue son concierge (quel con celui-là, jamais bonjour), prend une douche dans sa salle de bains spa-multi-jets dernier cri mais qu’il n’utilise jamais parce qu’il est toujours entre deux avions (à tel point qu’il ne sait même pas sur quel bouton appuyer pour que l’eau s’arrête, c’est pour faire rire le lecteur) prend sa voiture de sport que le concierge aura commandée et décide au dernier moment (soyons fou, rebelle, jeune quoi!) qu’il ne se rendra pas à son cabinet d’avocats international aujourd’hui (c’est le 24 décembre et il ne supporte plus les hypocrisies de bureau autour d’une flûte de champagne rosé) parce qu’il a cru croiser dans une rue chic avec des tas de beaux magasins une fille méga-trop-canon-top qui lui a rappelé la jeune fille pure et virginale tant aimée quand il avait 16 ans, mais qu’il n’a jamais embrassée et qui bien sûr est morte dans d’atroces souffrances à cause de…(chut, attendre les dernières pages pour dire le pourquoi du comment sinon, c’est pas drôle, mais en fait la vérité sur cette mort n’est pas celle que croit le héros parce que c’est son meilleur ami qui a zigouillé la nana sans jamais rien avouer – et le meilleur ami se suicidera avant les derniers paragraphes du mot fin, pour que le héros roule sans scrupules des galoches à la nana obligatoirement blonde naturelle, gentille, douce, un poil gourde (mais pas autant qu’elle ne le paraît parce qu’elle travaille pour nourrir sa maman malade en plus de ses études à la Iouniveursiti)et qui lui dira « c’est comme si je t’avais toujours connu mon chéri, c’est étrange cette sensation, tu ne trouves pas? »)

    3- du SUR-NA-TU-REL, encore et toujours, juste une petite dose, trois fois rien, un truc à deux balles genre rêve prémonitoire, des fantômes qui conseillent gentiment à l’oreille des héros, des anges (beaucoup d’anges, c’est très fashion) et qui font des gags pour faire rire aux moments tragiques, histoire de contre-balancer le pathos éculé.

    Voilà, vous avez vos ingrédients et vous mélangez. Au mieux vous ferez du Lévy, au pire, du Musso.Vous avez réussi à distraire des centaines de milliers de lecteurs, je vous dis bravo et je suis sincère. Et en plus vous avez gagné beaucoup d’argent? Tant mieux, qui ne l’aime pas (rougissez, les hypocrites!!)?
    Voilà. Allez-y. Y’a plus ka. Vous aurez toute mon admiration.

    Pardon? Vous me dites que…? Vous me dites que ce n’est pas votre truc tout ce que je viens de vous énumérer? Aïe. C’est mauvais. On va vous taxer d’élitiste, de casse-pieds, d’intello. Ca brise un mythe, c’est sûr. Et que dites-vous encore? Que…Que vous aimez les belles phrases, la recherche des sentiments, la profondeur? Ouh là là! C’est sûr que vous ne serez pas riche demain!

    Mais de quelle richesse parlez-vous? Si dix fois, cent fois vous avez repris des lignes et des pages pour retranscrire à la virgule près ce que vous avez dans les tripes, si dix fois, cent fois vous avez hésité à donner à lire votre œuvre, et si après la traversée de ces affres une fois au moins un ami est venu vous prendre dans ses bras en pleurant pour vous dire merci des mots que vous avez trouvés pour retranscrire ce qu’il n’avait jamais su exprimer, cela ne vaut-il pas un prix littéraire, un compte bien rempli? Votre livre a été refusé 100 fois? Ben tant pis. Mais avez-vous eu du plaisir à l’écrire? Oui? Ouf!

    Vous le dites vous-même, un bon livre le demeurera toujours. Rien n’est moins sûr des plus gros tirages actuels. Le bon livre n’est-il pas celui que l’on glisse en cachette entre les mains de ceux que l’on aime plutôt que celui négligé entre les beignets et la crème à bronzer?

    Soyez d’abord auto-heureuse, après vous verrez bien.


  2. Hum, c’est une opinion qui a le mérite de contre-balancer la médiatisation de ceux qui ont vendu beaucoup. Du coup, elle tombe dans l’ultime opposé et je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas eu une étude un peu plus en profondeur, en fait.

    Déjà, première chose qui me chiffonne : CreateSpace. Or, CreateSpace est le service Amazon qui est plutôt spécialisé dans le Print On Demand. C’est dommage car ces indés doivent l’essentiel de leur succès à la plateforme KDP (Kindle Direct Publishing), version e-book de CreateSpace (sur lesquels ils publient aussi, mais vendent largement moins).

    Ensuite, J.A. Konrath a également un « literary background » puisqu’il a été publié par un éditeur dans le passé. Il a d’ailleurs été très heureux de voir Amanda Hocking réussir en partant de rien, ce qui a servi à évacuer ce facteur que certains lui opposaient à une époque.

    Il manque John Locke, premier auto-publié à atteindre le million d’exemplaires vendus et a être listé par Amazon dans sa liste de « million sellers » sur Kindle.

    Ce qu’ils ont en commun, et que l’on a du mal à comprendre en France (nous sommes des grands romantiques qui ne considérons pas le livre comme un business, vision archaïque au possible), c’est qu’ils opèrent comme des entreprises. Ils utilisent le marketing, construisent un bouche à oreille, font une promo ciblée et connaissent leurs lecteurs sur le bout des doigts donc sont en mesure de leur fournir du contenu (livre ou blog ou twitter) parfaitement calibré. Bref, ils ne tirent pas à vue, ils ciblent leur audience/lectorat et ne travaillent pas à l’aveugle.

    Ensuite, le mode de fonctionnement américain est très différent du mode de fonctionnement français : les agents y sont rois. Or, un auteur contracté qui sollicite son agent doit attendre 6 mois ; un auteur inconnu doit attendre de 12 à 24 mois. C’est simple : comme en France, les « comités de lecture » croulent sous les manuscrits et sont incapables de tenir la cadence. Quand Gallimard reçoit 5000 manuscrits par an, il leur est humainement impossible de tous les lire, ce qui veut dire qu’une lettre d’accroche « marketing » pourra largement aider à pousser le comité à lire le manuscrit envoyé. Et je pense que je n’ai pas à rappeler que de moins en moins de nouveaux auteurs (primo-accédants) sont publiés chaque année et que les gros éditeurs les ont largement abandonnés pour les laisser à des éditeurs plus « petits ». Il existe des exceptions, certes, mais de plus en plus, il faut avoir quelqu’un pour glisser un bon mot pour voir son roman publié (intérêt politique à la publication d’un ouvrage, voire intérêt critique à publier le roman d’un journaliste. Un éditeur a même accepté de publier un polar d’un directeur de chez SFR alors qu’il est plus que médiocre…)

    Ce qui me fait enchaîner sur ce point : les comités de lecture ne se basent pas uniquement sur la qualité du manuscrit pour faire leur choix. Ils suivent une ligne éditoriale qui se veut commerciale. Trop de romans de vampires, et on ferme le robinet. Un très bon livre de niche, impossible à rentabiliser. Un livre expérimental, demandons plutôt à l’auteur de le réécrire sous forme de roman…

    Or, bon nombre d’auteurs, publiés ou non, voient l’auto-édition comme une liberté absolue. Personne ne viendra les embêter à formater leur bouquin, ils acceptent d’assurer la promo en contrepartie. Mais même là, la frontière n’est plus : de plus en plus d’éditeurs demandent aux auteurs qu’ils publient de faire la promo de leur livre… (auteur mid-list US, par exemple).
    Ce qu’il faut voir, quand un auteur claque la porte de sa maison pour s’auto-publier, c’est qu’il s’offre cette liberté et qu’il a été déconsidéré pendant des années, pensant que l’éditeur a échoué dans sa mission. Et il ne faut pas croire qu’il récupérera l’intégralité de son lectorat sur Kindle. Non, il faut qu’il travaille à le consolider.
    Au contraire, Hocking qui signe chez un éditeur, c’est le résultat d’un ras-le-bol sur tout le côté promotion-marketing. Et il aurait été bon de souligner qu’Amazon a sorti son chéquier pour la garder sur Kindle pour être complet.

    Après, je rejoins à peu près tout le monde sur le côté « médiatisation des succès » quand des millions ne vendront jamais rien. Mais, si l’on ne se concentre pas sur la « bipolarisation » du marché, on peut se rendre compte que de plus en plus d’auteurs auto-publiés arrivent vendre des centaines d’exemplaires de chacun de leurs livres chaque mois. Ils sont encore peu nombreux à se targuer de vendre des milliers d’exemplaires, mais ils sont de plus en plus à reporter des volumes de ventes qui dépassent ceux des auteurs mid-list édités en papier.

    Je n’aurai pas plus à ajouter que Sediter sur ce qu’il a dit, mais je pense sincèrement que nous allons nous retrouver dans un système où les éditeurs vont de moins en moins prendre de risques et vont attendre que des indés à succès soient médiatisés pour les signer et parier sur une valeur à peu près sûre. J’en suis quasi convaincu pour le marché US vu que ça se fait déjà largement.

    « On a bien compris qu’un éditeur amène toute l’expertise et l’expérience qu’un auteur ne possède pas, que le livre sera de bien meilleure qualité une fois passé entre ses mains et que lui seul peut nous offrir une carrière digne de ce nom. »

    Ce morceau là se discute largement si l’auteur auto-publié œuvre comme un pro pour égaler voire dépasser la qualité des livres édités par des maisons.
    Si beaucoup d’auteurs indés se plantent en auto-publication, c’est également le cas de la majorité des livres publiés par des éditeurs qui ont pignon sur rue. En France, il n’y a qu’une infime partie des livres qui sont rentables. On pourrait presque dire que seul le Top100 arrive engendrer des bénéfices.
    Et avec la crise, nous sommes allés dans une baisse de qualité certaine : moins de correcteurs, moins de temps passé à améliorer un livre, recherche du livre « bankable », certains auteurs ont même signé un contrat dans lequel il est stipulé que la correction du manuscrit sera effectuée aux frais de l’auteur si celui-ci échoue un fournir un livre parfaitement édité et corrigé.

    Quoi qu’on en dise, le succès de l’auto-publication (et les auteurs anciennement publiés le prouvent par les faits) est en partie dû à la faillite du mode de fonctionnement des éditeurs traditionnels.
    Ils ont plus que partiellement échoué à leur mission première, ont fait porter la charge de leur travail sur les auteurs contractés et n’ont pas su s’adapter au numérique. Il n’est donc pas étonnant de voir quelques-uns claquer la porte, assumer tout le travail et promouvoir sur le net comme jamais leur maison n’a su le faire pour eux…
    Et si les éditeurs martèlent maintenant qu’ils ont encore du sens et qu’ils sont indispensables, ils expriment surtout une peur viscérale car ils savent qu’ils ne pourront changer leur modèle aussi facilement.


  3. Un article très bien rédigé, même si la tournure m’a fait craindre un moment qu’on nous présentait l’auto-édition comme un tremplin vers la réussite et la richesse !

    La morale de cette histoire ? Selon moi, l’auto-édition est une aventure humaine avant tout, qui risque certainement de vous inciter à la découverte, un peu au dépassement de soi, et qui vous rapportera certainement beaucoup de fierté,… et peu d’argent !

    J’ai parfois la désagréable surprise de voir certains auteurs qui s’auto-proclament « gourous de l’auto-édition » et promettent à leur lectorat une grande réussite, une notoriété sans faille.

    En réalité, mieux vaut éviter d’écouter ces fausses promesses. Si vous vous lancez dans l’auto-édition, n’attendez rien de l’expérience, et n’imaginez pas faire 100.000 ventes la première semaine… ni sans doute jamais ! L’auto-édition n’est pas un bon moyen pour faire de l’argent !

    En revanche, cela vous permettra sans doute de partager votre œuvre, de rencontrer vos lecteurs, de faire de nouvelles rencontres, de partager une expérience humaine riche, et de parvenir à monter un projet de toutes pièces, ce qui n’est pas rien !

    Si vous n’attendez que la gloire et la richesse, comme malheureusement beaucoup de (mauvais ?) auteurs un peu trop égocentriques et sûrs de leur œuvre, passez votre chemin !


  4. une petite mise à jour de mon article :

    1) nouveau nom à ajouter à la liste des auteurs qui s’auto-éditent, et pas des moindres : JK Rowling ! Cependant, Madame Harry Potter n’est pas entrée à CreateSpace, mais a créé son propre site pour rendre accessible en exclusivité les e-books d’Harry Potter : http://www.pottermore.com.

    2) Amazon vient de lancer en Europe Amazon KDP (Kindle Direct Publishing) qui permet de publier des livres auto-édités en plusieurs langues, disponibles sur amazon.co.uk (Royaume-Uni) et amazon.de (Allemagne). Pas (encore ?) en France, où le Kindle n’est pas en vente. A noter que la grande différence avec Create Space est que KDP n’offre pas l’impression à la demande.