Chroniques

A muse et moi !

Vous la cherchez parfois toute la journée. Ou toute la nuit. Elle ne vient jamais quand vous l’implorez mais vous surprend généralement dans la salle d’attente chez le dentiste. Comment ça, vous n’avez ni papier ni stylo pour écrire ? C’est mal connaître votre chère Déesse de l’inspiration. Fuis-moi je te suis, suis-moi je te fuis… Oui, l’inspiration est souvent affaire de combat. De lutte à armes inégales. De bravoure dans un environnement hostile et sauvage (ça va ? vous vous sentez mieux face à votre page blanche ou j’en rajoute encore un peu ?).

Certes, l’inspiration est parfois un prétexte pour ne rien faire, autrement connue sous le célèbre nom de bah-quoi-si-ça-vient-pas-ça-vient-pas. Elle est souvent accompagnée de rituels curieux, comme écrire exclusivement dans sa cave avec des bruits de chauve-souris pour fond sonore. Elle est toujours source d’inquiétude, parce qu’on ne sait jamais quand Mâdame la Muse va daigner pointer le bout de son nez.

Pour vous, chers écrivains-aspirants, tentons de lever le voile sur ce grand mystère de la littérature et avançons l’hypothèse suivante : c’est un travail quotidien acharné à la limite de l’obsessionnel qui vous fera connaître cet état d’esprit formidable, dans lequel vous seriez capable de rédiger la biographie romancée de Gandhi prêchant la bonne parole aux habitants de la planète Mars (à supposer que ça intéresse quelqu’un).

Mais est-ce à dire que l’inspiration n’est que discipline et dur labeur ? Serait-ce un état d’intense concentration ne dépendant que de notre volonté ? Mais alors qu’en est-il de ces heures magiques où tout semble si facile, où le regard perdu vers la fenêtre vous explorez des mondes inconnus et sondez les émotions les plus profondes de vos personnages ? Eh bien… l’inspiration, c’est un peu comme croire en Dieu. Ayez la foi en ce que vous faites, fréquentez votre église et croyez toujours en un salut littéraire. Pour le reste, les voies de la Création sont impénétrables.

Coline Lemeunier a été lauréate du Prix Nouveau Talent en 2008 pour son premier roman 1tox (éd. Calmann-Lévy). Elle est aujourd’hui rédactrice indépendante et vous pouvez la retrouver sur son blog : (mes) aventures d’auteur

L'Auteur

Coline Lemeunier-Daurat

Coline Lemeunier a été lauréate du Prix Nouveau Talent en 2008 pour son premier roman 1tox (éd. Calmann-Lévy). Elle est aujourd’hui rédactrice indépendante.

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1 Commentaire

  1. De très bons conseils astucieusement déguisés dans cet article ! Je n’aime pas vraiment le terme de muse, ni de chercher l’inspiration, et encore moins d’attendre l’inspiration !

    Ecrire, c’est avant tout se lancer et oser affronter la page blanche ! Deux bons conseils distillés dans cet article :
    – N’attendez pas l’inspiration ! Ecrivez quoi qu’il arrive, quitte à revenir sur le texte plus tard
    – Ayez toujours de quoi noter sur vous (carnet, dictaphone, smartphone,…) ! L’inspiration, les idées, peuvent venir quand on s’y attend le moins, et il est très facile d’oublier de très bonnes idées !