Chronique d’un premier roman

Chronique d’un premier roman : entretien avec Aurélie Gerlach

(ou Comment concourir au Prix Nouveau Talent peut se révéler un tremplin pour publier son premier roman #2)

Attention, nouveaux talents ! Après Mathilde de Robien, c’est Aurélie Gerlach, finaliste du Prix Nouveau Talent en 2011, qui nous raconte le chemin parcouru depuis sa participation au concours littéraire. Edité par Gallimard Jeunesse, son premier roman « Où est passé Lola Frizmuth ? » est sorti en librairie le mois dernier : un premier roman pour ados, pêchu et drôle, avec une héroïne que les lecteurs vont adorer détester !

Vous publiez votre premier roman. Racontez-nous… quand, où, comment, quoi ?

(© Julien Palomo)

« Où est passée Lola Frizmuth? » a été rédigé lors de l’été 2010, en prévision du Prix Nouveau Talent 2011. Je me suis lancée dans l’aventure parce que ce concours donnait un thème imposé et une deadline. Pour une personne aussi peu disciplinée que moi, impossible d’aller jusqu’au bout autrement. La suite, c’est une grosse surprise à la mi-décembre (« oh mon Dieu! Oh mon Dieu je suis finaliste! »), l’attente impatiente, angoissée du verdict, et une déception en janvier. En même temps, je m’y attendais un peu vu que je savais qu’il n’y aurait qu’un seul gagnant sur les cinq finalistes. C’est le jeu!

J’ai mis plusieurs mois avant de trouver le courage d’envoyer le manuscrit. J’avais fini par comprendre que le roman que j’avais écrit était plutôt jeunesse, et dans ce secteur, il y avait une maison qui me faisait vraiment rêver: Gallimard Jeunesse. Parce que c’est un éditeur prestigieux, bien-sûr, mais aussi parce que j’ai toujours trouvé leur catalogue audacieux et que j’étais déjà très fan de certaines de leurs publications ado. Alors j’ai tenté le coup, tout en envoyant deux-trois manuscrits ailleurs. Bien entendu, je ne pensais pas avoir la moindre micro-nano-chance de retenir leur attention avec mon histoire bêtement déposée en ligne sur leur site Internet. Sauf qu’en fait, deux mois plus tard, j’ai failli avoir une crise cardiaque en recevant un mail de leur part, m’informant que mon manuscrit avait retenu leur attention. Cependant, il fallait laisser passer les vacances d’été et attendre la réunion du comité de lecture à la rentrée pour une réponse définitive. Bien entendu, je n’ai pas respiré pendant trois mois.

J’ai reçu en septembre un coup de fil d’Isabelle Stoufflet, qui allait devenir mon éditrice (nouvelle crise cardiaque manquée), et tout est allée très vite. Nous nous sommes rencontrées et la publication du roman pour octobre 2012 a vite été confirmée. Entre temps, j’ai retravaillé le manuscrit avec son aide. Tout s’est très bien passé si ce n’est que j’ai passé cette année à trépigner d’impatience!

Comment avez-vous imaginé et construit votre histoire et vos personnages ?

Ce roman a été écrit sans plan et j’ai découvert l’histoire au fur et à mesure que je l’écrivais. J’imagine que cela faisait plusieurs années que pas mal de choses mûrissaient dans ma tête sans que je ne m’en rende compte. Tout est sorti d’un coup! Les manga que je dévorais adolescente, les films de Kitano et leurs yakuza loufoques, mes propres aventures à Tôkyô, où j’ai étudié

pendant un an… Ces influences, je les ai « digérées » au cours de la dernière décennie, et quand j’ai fini par me décider à prendre la plume, ce sont elles qui m’ont guidées assez naturellement.
Pour l’effet comique, les personnages se devaient d’être un brin caricaturaux. Je voulais une héroïne forte qui cumule un peu tout ce qui n’est généralement pas jugé convenable chez une fille: un look de cagole, un ego démesuré, un tendance à foncer dans le tas sans réfléchir, un langage pas toujours châtié… Probablement parce que je ne suis pas à l’aise avec l’idéal féminin actuel. J’avais en tête des héroïnes comme Georgia Nicolson (dans ses aventures éponymes écrites par Louise Rennison). Des sales gosses en somme.

Comment s’est déroulé votre travail d’écriture ?

J’ai une méthode de travail un peu anarchique. En période d’écriture, la seule et unique règle que je me fixe est d’écrire 10 000 signes par jours. Avoir une approche « quantitative » me rassure car j’ai une tendance naturelle à la procrastination. Cela me force à faire marcher mon imagination plutôt que de remettre à demain en attendant que l’inspiration me tombe dessus comme par l’opération du saint esprit. Après, peu importe le lieu ou l’heure. Comme je travaille à temps plein par ailleurs, ce travail s’effectue souvent le soir.
Le travail d’écriture sur mon premier roman n’a pas vraiment été angoissant. Je n’étais pas publiée et personne n’attendais rien de ma part. Rares sont les personnes qui m’ont lues avant publication. Les goûts et les couleurs de chacun divergent énormément, et l’on peut vraiment être déstabilisé dans son travail et douter de soi si l’on commence à trop prendre en compte les remarques de tout le monde.

Pourquoi écrire ? Quelle sensation éprouve-t-on à voir son premier roman publié ?

J’oscille constamment entre plusieurs états: c’est le triple effet Kiss cool. Il y a bien-sûr l’euphorie (« Oh mon Dieu! C’est tellement génial ce qui m’arrive, je suis la fille la plus ultra-chanceuse de la galaxie! »). Celle-ci fait parfois place à une espèce de déni, périodes pendant lesquelles j’ai l’impression étrange que mon roman n’est pas un « vrai livre », contrairement à tous les autres alignés à ses côtés sur l’étagère. Et enfin, je crois qu’on ne peut jamais s’empêcher d’être un peu angoissé: mon roman va-t-il réussir à faire rire les lecteurs, à leur faire passer un bon moment? Serais-je capable d’en écrire un second qui tienne la route? Tous ces sentiments bouleversent un peu votre tranquillité, mais ont également quelque chose de grisant!
Quant à savoir « pourquoi écrire », je pense que pour ma part, je le fais tout bêtement parce que je trouve parfois la « vraie vie » et toute ses contingences matérielles vraiment ennuyeuse. A chacun son moyen de s’évader.

Quels sont vos projets d’écriture ?

J’aimerais continuer d’écrire les aventures de Lola, car c’est un personnage que j’aime beaucoup. Je travaille actuellement sur une suite.

Un conseil judicieux que vous avez reçu et que vous pourriez partager avec d’autres jeunes auteurs ?

Le meilleur conseil que l’on m’a donné a également été prodigué sur cette plateforme par Caroline Vermalle. Elle citait Oscar Wild: « Be yourself, everyone else is taken » (Soyez vous-même. Tous les autres sont déjà pris). Il semblera peut-être aller de soi à beaucoup de gens, mais il m’a personnellement beaucoup aidé à avancer.
J’ai le souvenir de nombreux manuscrits avortés parce que je ne me sentais pas à l’aise dans ce que j’écrivais. Je voulais me conformer à ce que je pensais être un « bon » livre, avec un style élégant et littéraire, de nombreuses descriptions balzaciennes, une intrigue réaliste… Or, la vérité c’est que si j’apprécie de lire de tels livres, ce n’est pas mon truc de les écrire. Au contraire, je suis à l’aise dans l’humour, le grand guignol. Je dois vraiment beaucoup à mon ami, qui m’a fait comprendre que je devais me lâcher, que rien n’était interdit. Au final, chacun a sa « patte », un petit truc qui le rend différent des autres. Autant exploiter cette différence à fond.

 

Et pour achever de vous convaincre de découvrir cette jeune auteur, nous vous invitons à lire le billet de Caroline du blog Pensées by Caro !

 

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

Commenter

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

5 Commentaires

  1. C’est encombrant, les compliments. On ne sait jamais quoi en faire. S’ils nous apparaissent démesurés, on se navrera d’avoir l’air ridicule dans cette parure trop grande que l’on nous a fait endosser moins de gré que de force. S’ils sont véritablement convenus, on en vient à goûter la nostalgie étrange des critiques acerbes – plus cruelles certes – mais tellement moins ordinaires car connaissez-vous affront plus odieux que celui de n’engendrer dans l’esprit des autres que des phrases cent fois dites et relues?

    Il en va ainsi d’Aurélie qui se trouve bien embarrassée par quelques gentillesses jetées à la va-vite sur un blog, mais il s’agit de gentillesses sincères. C’est encombrant, certes, mais en sautant dessus à pieds joints, je suis certain que Lola…euh Aurélie, saura les faire rentrer dans un coin de sa mémoire si vive, si pétillante.

    Céladon


  2. Ciel, que répondre après cette avalanche de gentillesses?!

    Céladon dit vrai, cette remise des prix 2011 a marqué le début d’une amitié. D’abord poussée par la curiosité (« Voyons, voyons, comment cet autre finaliste s’est-il donc approprié le sujet? »), j’ai découvert une personne charmante, drôle et surtout un écrivain de talent…

    Ecrire est une activité solitaire et parfois angoissante. De longues heures devant un ordinateur accompagné de l’éternelle tasse de café ou de thé, à tenter de donner forme à une histoire… C’est une bénédiction d’avoir un ami avec qui en discuter. Un ami qui partage la même expérience, doit aussi se battre avec l’envie de « remettre à plus tard » (« le lave vaisselle est plein, je vais d’abord ranger mes assiettes et je suis sûre que l’inspiration viendra après), la peur de ne pas écrire un roman cohérent, ou encore la difficulté de « s’y mettre » avec une journée ou une semaine de travail dans les pattes (« je me vautrerais bien devant ce film très très très débile au lieu de finir mon chapitre »).

    On réussi rarement quelque chose à 100% tout seul, et cela est valable aussi pour une activité telle que l’écriture. Je suis très bien entourée, de famille et d’amis qui me donnent des idées, me soutiennent, me bottent les fesses quant il le faut, ou tout simplement savent m’égayer de leur conversation. Celadon est l’une de ces personnes et de mon côté, j’espère à mon petit niveau avoir contribué à l’encourager dans sa voie. J’attends donc avec impatience le jour où un éditeur éclairé lui donnera l’occasion de toucher un public plus large.

    Merci Celadon :)


  3. Le brunch matinal se passait aux « Editeurs », café germanopratin, et j’avais beaucoup hésité à m’y rendre, non que j’eusse longuement à hésiter entre une robe fleurie ou un tailleur en lin, mais parce que lorsque l’on est un homme, et que le printemps est encore frais, il n’existe guère d’hésitation entre un pantalon et un pantalon, et ce fut donc ce dernier – léger et blanc, en l’occurrence – que je tirai de ma valise pour guider mes jambes jusqu’à cet endroit où je pénétrais avec ce quart d’heure d’avance si provincial et que l’on regrette toujours d’avoir pris la précaution d’emporter avec soi et dont pourtant on ne peut se défaire, comme un bonnet d’angora glissé dans un sac de plage, en plein été. Mon hésitation à venir au rendez-vous avait une autre origine que ce choix vestimentaire si peu cornélien, mais que vous comprendrez plus tard.

    Ne présentant aucune disposition particulière pour la magie, je ne parvins à me délivrer de ces prudentes et si encombrantes minutes qu’en les essaimant au rythme du frôlement d’un jus de fruit sur mes lèvres – qu’une accorte serveuse en tablier blanc venait de me tendre. Je m’y agrippais comme à une bouée de sauvetage, me sentant perdu dans une mer d’ennemis inconnus. Quoi qu’il en fût, mon taux de caféine avait atteint les quatre grammes par litre de sang et j’aurais été bien incapable d’avaler le moindre expresso supplémentaire- sauf à le recracher à la face de ma charmante voisine, improvisée photographe pour la circonstance de son propre aveu, et envers laquelle je ne ressentais aucune aversion notable au point de vouloir la crépir de café noir. Bien m’en a pris car Lydie – il s’agissait de la ravissante photographe – eut l’extrême délicatesse de bien vouloir me citer les noms de tous les nouveaux convives qui lentement, avec assurance, montaient les escaliers pour rejoindre le boudoir feutré où allait se dérouler bientôt la remise du prix du « Nouveau talent 2011 ».

    Quelques minutes avant la révélation du nom de l’heureux élu, j’appris que parmi l’assistance se trouvait une autre folle que moi. Enfin quand je dis folle, ce n’est sans doute pas le terme le moins équivoque que je pourrais employer pour brosser mon apparence, alors disons, un autre fou – ou inconscient, ou taré – de sexe féminin. Oui, il y avait parmi tous ces inconnus une jeune femme qui avait eu la chance fulgurante de se retrouver parmi les 5 finalistes du « Prix 2011 » (comme moi, osé-je vous l’avouer maintenant- et vous comprenez ainsi ma fébrilité) et qui avait eu le cran (plus que moi, car pour ma part, il s’agissait soit d’inconscience, soit de masochisme) de venir assister à la célébration de son insuccès (autant que moi). Bizarrement, je me sentis moins seul – presque dérangé – dans ma petite détresse égocentrique et je perçus que de derrière un cocotier allait surgir une autre habitante sur cette île déserte que l’on appelle « Infortune » (et qui n’est pas si déserte que cela mais dans d’autres régions, d’autres domaines que la littérature et que je laisse bien volontiers habiter par d’autres que moi, à chacun ses ratages).

    Le Prix fut annoncé. Déluge d’applaudissements. Remerciements. Gorge étranglée du vainqueur. Rires confus. Autres remerciements. Autres applaudissements. Dédicaces. Et puis une furie blonde juchée sur des improbables stiletto qui se précipite sur moi en m’invectivant avec des : « Alors c’est toi l’autre finaliste? Et je peux savoir ce que tu as écrit ? Et tu sais à quel rang tu as terminé ? Et tu connaissais le nom du vainqueur cette année ? Et… ». Et je vous présente Aurélie. Aurélie Gerlach. Une tempête de cheveux blonds sur le plus ravissant visage qui soit, avec un déluge, un intarissable flot de paroles sous lequel je parvenais à surnager en émettant de niaises petites onomatopées « oui, euh, non, ben, ‘sais pas » quand toutefois, Aurélie avait décidé de m’en laisser le loisir. Un quart d’heure plus tard, j’eus le sentiment qu’elle était une jeune femme épatante, formidable, si vivante, avec laquelle il me serait possible de parler littérature. Elle m’offrit sa carte de visite et dés le lendemain, de retour dans nos quotidiens respectifs, nous échange@mes nos impressions sur notre rencontre, ainsi que nos manuscrits respectifs. C’est ici que naît mon privilège car j’ai eu la chance réelle de pouvoir découvrir « Lola Frizmuth ».

    Dans son témoignage, elle avoue : « Rares sont les personnes qui m’ont lues avant publication ». Et bien moi si. J’ai fait partie des heureux élus. Et toc, même que d’abord na ! Et j’ai adoré « Lola » dont le style est aux antipodes de mes lectures de chevet. J’ai adoré me prendre une belle paire de gifles à chaque pages et j’ai ri du début jusqu’à la fin car ce livre est vraiment très bien rythmé, drôle, impertinent, agaçant même. On se demande où elle est allée chercher tout ça, Aurélie. J’ai adoré ce roman et pourtant, ça commençait très mal.

    Car plus occidentalo-occidental que moi, y’a pas. Les sushis, les mangas, les yakuzas, et pire encore, les films de Tikano m’emm… euh pardon, m’ennuient mais alors, TRES profondément. Donnez-moi une blanquette de veau, un Simenon, « Les tontons flingueurs » et je suis le plus heureux des hommes. Et pourtant. Et pourtant Aurélie m’a donné – je ne dirai pas l’envie, je suis un coriace – mais elle m’a ouvert la porte à une culture qui d’un coup, me paraît plus…enfin moins… Bref, si j’avais des copains qui un jour me demandaient de les accompagner au Japon, je ne dirai peut-être plus non. Chapeau Aurélie ! Euh non, Kimono, Aurélie ! Or, n’est-il pas plus beau talent que celui d’infléchir des jugements à travers une pirouette, un rire ? Si c’est trop sérieux, on campe sur ses positions. Avec Aurélie, on décampe illico pour suivre Lola.

    Il a fallu la soutenir, quelquefois, Aurélie. Quand elle avait un coup de mou ou qu’elle doutait d’elle, juste avant qu’elle ne rende sa copie définitive à son éditrice. Plusieurs personnes autour d’elles lui ont flanqué de grands coups de pieds bien placés pour la faire travailler quand elle n’aspirait qu’à un peu de farniente, bien mérité, certes… NonmaituterenpacomptedelachanceketaheindiAurélie ?? Alors bien sûr, Aurélie ne pouvait que se rendre à de pareils arguments. Je ne pense pas me tromper en affirmant que ce soir, elle ne le regrette pas.

    Entre Aurélie et moi, pas de blabla au téléphone, ni de SMS (eh oui!), mais juste de très courtes interventions ou de longs monologues épistolaires où nous apprenons toujours à nous découvrir. Il peut se passer un mois sans un mot et subitement, trois mails en deux heures (ou presque) car écrire à Aurélie, c’est l’assurance de recevoir un festival de mots pétillants, si justes, si impertinents quelquefois, si drôles, mais jamais méchants.

    N’empêche que c’est une sacrée cachottière, ma petite soeur de littérature (j’ai 15 balais de plus qu’elle, mine de rien) car elle ne m’avait pas prévenu qu’un article signé de la plume de Dorothée allait sortir sur son ouvrage. Du Lola tout caché, cet effet de surprise. Mais continue Aurélie, ébouriffe-moi les neurones comme au premier jour. C’est comme ça que je t’aime.

    Céladon


    • Ah mon cher Celadon !
      Ce joli commentaire nous fait très plaisir à la Fondation. On aime bien les belles histoires de fiction mais aussi celles qui font se rencontrer deux écrivains de talents…

      Je me permets cependant de rendre à César ce qui est à César : c’est Aurélie elle-même qui a rédigé ces réponses. Je ne suis qu’une passeuse de mots !

      A très vite,
      Dorothée


    • Bonsoir Dorothée,

      Et c’est à moi de remercier la Fondation de m’avoir permis de rencontrer Aurélie! Vrai que je garde un excellent souvenir de cette journée si unique, si découpée dans ma vie, telle une pièce d’un puzzle égaré mais dont je ne peux – ni ne souhaite -me défaire et que j’ai enfermé dans la petite boîte avec « Trucs importants et bizarres » écrit dessus.

      C’est rudement joli, ton expression « Passeuse de mot ». Cela m’invite à la rêverie en tout cas. Dorothée poète?

      A très vite!
      Charles