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Chronique d’un premier roman : entretien avec Vincent Maston

(ou Comment concourir au Prix Nouveau Talent peut se révéler un tremplin pour publier son premier roman #5)

 

En 2012, Vincent Maston participe au premier Labo de l’écriture de la Fondation Bouygues Telecom au Salon du Livre. Au cours de l’atelier d’écriture, sous la plume des apprentis écrivains, naissent des personnages. Vincent créé Germain, « pousseur dans le métro ». Son passage dans le Labo le conforte dans son envie d’écrire et il construit un roman qu’il présente pour le Prix Nouveau Talent 2013. Il est finaliste, le titre lui échappe, mais l’éditeur a décelé un 2eme talent et lui offre également une publication. Aujourd’hui, Germain dans le métro, édité par Lattès, sort en librairie. Entretien avec un nouveau talent.

 

1. Vous publiez votre premier roman. Racontez-nous…

 

Mon premier roman a commencé à venir au monde lors du premier atelier d’écriture de la Fondation Bouygues Telecom, en 2012. C’est là que j’ai posé les bases du récit, bases que je me suis ensuite amusé à dynamiter. A la sortie de l’atelier, un constat assez simple : « Vincent, tu as un petit bout d’embryon de bouquin, un concours se profile à l’horizon qui nécessite, je te le donne en mille, un bouquin, et si tu tentais le coup, gros malin ? »

S’ensuivent plusieurs mois de réflexion, puis de rédaction avant d’arriver à un résultat assez satisfaisant pour être soumis au concours du Prix Nouveau Talent. Si je ne remporte pas le concours, les délibérations auront permis une belle rencontre : celle entre mon manuscrit et une éditrice, Claire Silve. Quelques coups de fil passés, un contrat signé et beaucoup de travail font d’un manuscrit un roman : Germain dans le métro.

 

2. Qu’est-ce qui vous a inspiré ? Comment avez-vous imaginé et construit vos personnages ?

 

La question de l’inspiration est une vraie colle, et pour être parfaitement honnête, je n’en sais trop rien. Germain était déjà un peu là, en ébauche, avant l’atelier. Il était flou, n’avait aucune personnalité, pas même un prénom ! Tout juste une fonction, « bousculeur » dans le métro. De manière générale, d’où viennent les idées ? Elles apparaissent, comme ça, et d’un coup on a l’impression d’avoir toujours un peu vécu avec elles.

3. Comment s’est déroulé votre travail d’écriture ?

 

Je n’avais jamais écrit de texte aussi long qu’un roman, et j’ai très vite choisi de faire un plan. Cela a très probablement été la meilleure décision de tout le processus d’écriture. Loin de me bloquer sur une trame prévue d’avance (il a été très sérieusement remanié au fur et à mesure de l’écriture), le plan m’a surtout permis de voir le bout, le résultat. Il n’y a rien de plus frustrant que ce sentiment de n’arriver à rien, de travailler sans jamais apercevoir la finalité.

Vincent Maston playlistGrâce à mon plan, je savais toujours à peu près où j’en étais. Je voyais ce squelette se remplir peu à peu. Ce plan a été mon meilleur remède contre l’angoisse de la page blanche. (lui et une playlist savamment étudiée, je n’arrive à écrire qu’en écoutant de la musique).

Pour établir mon plan, j’ai pas mal lu les textes de Dan Harmon, le génial créateur de Community, une des meilleures séries au monde. Un must read absolu pour comprendre comment fonctionne la structure des récits. Quels récits ? TOUS les récits.

4. Pourquoi écrire ? Quelle sensation éprouve-t-on à voir son premier roman publié ?

 

Vincent Maston_couv_germain_dans_le_metro

Je ne me suis jamais vraiment demandé « pourquoi écrire ? » Il peut m’arriver de ne pas écrire une ligne pendant des années, et de le vivre sans le moindre problème ni remord. Puis, un jour, je me dis que tiens, j’écrirais bien. Et là, quand le déclic est arrivé, je peux passer des mois à écrire dès que je peux, entre deux réunions au travail, dans le tram ou bien chez moi.

La sensation de voir son livre imprimé est assez magique, mais un des moments les plus forts pour moi a été au moment de la signature des services de presse, ces exemplaires qu’on envoie aux journalistes.
Au départ, je me retrouve devant des piles de livres et… rien. Sentiment étrange de vide : ces livres n’étaient que des objets. Et des objets pas vraiment intéressants, en plus : quelque soit la page à laquelle je les ouvrais, que des mots que je connaissais déjà !
Et au fur et à mesure de la journée, ces livres sont placés dans des enveloppes, des enveloppes sur lesquelles se trouvent le nom et l’adresse de personnes que je ne connais pas. C’est là que la métamorphose s’opère : l’objet disparaît pour laisser place à une histoire dans laquelle je ne suis plus qu’un personnage parmi tant d’autres. Dans cette pile d’enveloppes, des livres iront rejoindre une étagère et ne seront jamais ouverts. D’autres seront dans la semaine revendus chez Gibert ou Boulinier. Et quelques uns seront lus. Mes personnages prendront dans des esprits que je ne croiserai jamais des visages complètement différents que ceux que je leur donnais lors de l’écriture. Cette petite histoire que je me racontais à moi-même en allant au travail sera lue, aimée, détestée. Paradoxalement, c’est en étant enfermés dans des enveloppes que ces livres ont trouvé leur liberté. Pour moi, c’est l’instant où Germain dans le métro a cessé d’être un projet et est devenu un roman.

5. Quels sont vos projets ?

 

De la promotion, bien entendu ! Il est idiot de penser qu’un livre va trouver son lecteur juste parce qu’il a été imprimé ! Alors je prépare des séances de dédicaces, à Paris et dans le Sud-Ouest. Pas encore de dates, mais ça se précise.
Au niveau écriture, après tout le travail demandé par Germain, j’ai eu besoin d’une pause. Aujourd’hui, je pense être prêt, Germain n’a plus besoin de moi. J’ai commencé à travailler sur un second roman, mais il est encore un peu trop tôt pour en dire plus, le squelette se met en place, et je sais que d’ici à ce que ce récit soit terminé il aura plusieurs fois changé de forme !

6. Un conseil judicieux que vous avez reçu et que vous pourriez partager avec d’autres aspirants auteurs ?

 

Comme tous les gens ayant rencontré Bruno Tessarech, je ne vois pas comment ne pas transmettre un de ses conseils. Celui qui m’a le plus marqué, qui m’a été le plus utile, est le suivant : « écrire, c’est aussi savoir ne pas écrire« . Prenez votre temps ! détendez-vous ! Faites autre chose quand vous le préférez ! L’écriture ne doit pas être un corset qu’on s’inflige.
Pour moi, les meilleurs moments dans l’écriture de Germain sont ceux où, loin de mon ordinateur, un bon mot ou un rebondissement me sont venus à l’esprit, sans forcer. C’est là que j’ai eu le plus de plaisir à retrouver mon clavier et mon fichier texte. C’est là que j’ai vraiment rencontré ce bonheur d’écrire que recherchent tous les écrivains. C’est là que j’ai passé des heures à taper sur des touches sans même réaliser que le temps passait. Ces moments arrivent vraiment, promis, c’est pas du chiqué pour vous embobiner. Mais ces moments ont tous une source, un instant qu’on pourrait croire perdu, oisif. C’est dans cet instant que se situe la vraie réussite d’un texte. En deux mots, et même si vous racontez l’histoire la plus triste du monde : amusez-vous.

 

Précédentes « Chroniques d’un premier roman »  :

 

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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2 Commentaires

  1. bonjour.
    Mes félicitations pour votre roman. Moi, je m’appelle Clark et je suis un mordu de lecture. J’espère que j’aurais la chance de lire votre roman un de ces jours. En tout cas, je suis écrivain en herbe et j’ai un roman de science fiction a mon actif qui s’intitule « une étoile, une histoire ». J’ai 16 ans et et je ne sais pas par où commencer. J’ai repéré un plateforme d’édition en ligne http://www.monbestseller.com et je comptais vous faire part pour vous demander des conseils et des avis. Je suis débutant dans le domaine et je ne sais vers où me rediriger.

    Merci d’avance pour vos futurs réponses.


  2. Bravo Vincent! Mille fois bravo! Quand je pense que j’ai assisté à la conception de « Germain » sans le savoir… Je souhaite de tout coeur que ton roman remporte le succès qu’il mérite! Et bienvenu au club des primo-omanciers. A très bientôt! :) Charles