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« J’étais curieux de manipuler un manuscrit et découvrir la production brute d’un auteur. » Lionel, membre du jury du Prix Nouveau Talent

Avant même sa sortie, Je suis là était un phénomène dans le monde littéraire. Mais avant d’être dans les librairies du monde entier, c’était un manuscrit en lice pour le Prix Nouveau Talent.

Lionel BRISSEAU

 

Pour composer une partie du jury du Prix Nouveau Talent, la Fondation Bouygues Telecom lance un appel à candidature auprès des collaborateurs Bouygues Telecom. Pour l’année 2015, Lionel Brisseau faisait partie de l’aventure.

Retour sur son expérience…

 
 
 
 
 

Le jury du Prix Nouveau Talent est composé de 12 membres, comment l’idée vous est venue d’en faire partie ?

Depuis que le prix Nouveau Talent existe, je vois régulièrement les appels à candidature sur l’intranet de Bouygues Telecom. Chaque année, j’ai reporté ma candidature à cause de priorités personnelles ou professionnelles mais cette année je ne voulais pas laisser passer cette opportunité.
Ce n’était pas ma première participation à un prix littéraire. A la rentrée de septembre, j’ai fait partie du jury pour le Prix du roman Fnac mais j’ai été assez déçu par cette expérience. Une fois sélectionnés, les jurys reçoivent trois livres en avant-première pour écrire des fiches de lecture qu’ils doivent renvoyer par courrier. Après avoir envoyé mes fiches, je n’ai jamais eu de retour de la part des organisateurs et j’ai appris le nom du gagnant par hasard en allant en magasin. Ce n’était pas un jury au sens où l’on devait se réunir, partager et échanger, j’ai eu l’impression d’être « utilisé » pour fournir mon avis sur les romans de la rentrée. Là, je savais qu’avec le Prix Nouveau talent, le jury serait plus restreint et par conséquent les rapports humains seraient favorisés ainsi que les échanges, les débats. Je trouvais cela beaucoup plus intéressant.

De la lecture des manuscrits jusqu’au choix du lauréat, vous avez assisté à chaque phase du projet. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

Je suis passionné de lecture mais j’écris aussi des nouvelles pendant mon temps libre et mon côté « aspirant écrivain » était curieux de manipuler un manuscrit et découvrir la production brute d’un auteur, sans correction faite par une maison d’édition. C’était une expérience nouvelle car lorsqu’on achète un livre on sait plus ou moins de quoi il parle alors que là on ne savait pas du tout à quoi s’attendre. Lire les manuscrits sans aucun indice sur l’intrigue permet de découvrir une histoire, une plume, un auteur et on ne sait pas où l’on va, c’est une surprise totale. J’ai aussi apprécié le fait d’avoir trois manuscrits avec des sujets très différents, cela m’a permis de lire des choses que je n’aurais peut-être pas lues de moi-même. J’ai tout de suite eu une préférence pour l’un des trois, l’intrigue m’a tenu en haleine jusqu’au bout et je n’arrivais pas à le lâcher. Je suis là est un récit simple dans sa construction et dans son style sans démonstration d’écriture. C’est un texte honnête qui va droit au cœur, qui ne fait pas d’effet de style inutile. Les personnages sont crédibles, leurs réactions réalistes et appropriées. L’histoire des autres manuscrits n’était pas inintéressante mais j’ai eu plus de mal à rentrer dedans.
Je suis là était vraiment mon coup de cœur et pour moi le lauréat ne pouvait pas être l’un des deux autres. J’appréhendais de confronter mon point de vue avec celui de professionnels, j’avais peur qu’il ne soit pas partagé. Finalement, Je suis là est le lauréat et j’étais heureux de découvrir qu’il faisait presque l’unanimité lors de la délibération.

Avez-vous eu des surprises lors de cette expérience ?

Discuter avec des professionnels du monde de l’édition a été très enrichissant. J’ai pu découvrir l’envers du décor, les gens qui choisissent les manuscrits et accompagnent les auteurs. Il y a beaucoup de préjugés sur le monde de l’édition mais contrairement aux idées reçues les éditeurs lisent les manuscrits, ils ont des coups de cœur comme tous les lecteurs. Ils lisent beaucoup donc ils ont peut-être des goûts moins « communs » mais ce sont des lecteurs avant tout.
Un jour, j’aimerais écrire un roman et le proposer à un éditeur. Maintenant, je peux imaginer mon futur manuscrit dans les mains d’un éditeur, le lisant avec plaisir – enfin, j’espère ! Il ne faut pas oublier que l‘écriture comme la lecture doit rester un plaisir et non pas une démonstration de style ou quoi que ce soit. L’idée c’est avant tout de divertir un lecteur.

 

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L'Auteur

Mélanie Zumbrunn

Etudiante en Master II Communication des entreprises, Mélanie effectue son stage à la direction Communication interne de Bouygues Telecom et rédige également des billets pour la Fondation.

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