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« Ce qui m’intéressait : lire des manuscrits d’auteurs encore jamais publiés. »

photo (1)Pour composer une partie du jury du Prix Nouveau Talent, la Fondation Bouygues Telecom lance un appel à candidature auprès des clients Bouygues Telecom et lecteurs de Metronews. Pour l’année 2015, Fanny Baroukh faisait partie de l’aventure du jury qui a élu « Je suis là » de Clélie Avit.

Retour sur son expérience…

 

Le jury du Prix Nouveau Talent est composé de 12 membres, comment l’idée vous est venue d’en faire partie ?

J’ai toujours eu envie de faire partie d’un jury littéraire. L’année dernière mon amie Agnès Niedercorn (lauréate du Prix Nouveau Talent 2010) a partagé sur Facebook l’appel à candidature de la Fondation Bouygues Telecom et j’ai décidé de postuler. Ce qui m’intéressait c’était de lire des manuscrits d’auteurs encore jamais publiés. Maintenant je suis impatiente de relire le livre de la lauréate une fois qu’il sera publié pour découvrir les différences avec le manuscrit.

De la lecture des manuscrits jusqu’au choix du lauréat, vous avez assisté à chaque phase du projet. Pouvez-vous nous parler de cette expérience ?

L’écrivain Bruno Tessarech présélectionne huit manuscrits ; puis avec Dorothée Corbier, déléguée de la Fondation Bouygues Telecom, Claire Silve, éditrice et Laurent Laffont, directeur général des éditions JC Lattès, ils resserrent cette sélection à trois. Ensuite, les autres membres du jury reçoivent ces trois manuscrits.
Au départ, je ne savais pas trop comment m’y prendre. Devais-je les lire comme n’importe quel roman ou prendre des notes ? Finalement, j’ai décidé de les lire sur mon canapé, comme un lecteur lambda. J’ai lu les trois rapidement. A la fin de mes lectures je notais mon ressenti pour chaque manuscrit sur des bouts de papier. Finalement, je ne m’en suis pas servi pour la délibération car le ton était plutôt à la conversation et au dialogue qu’à la lecture de notes.
J’aime le style et le vocabulaire « compliquée » en littérature. Je suis fan d’auteurs comme Joseph Kessel, Amin Maalouf ou Haruki Murakami qui ont un style un peu fouillé. Mais la lauréate m’a séduite par sa simplicité et son écriture candide. Je l’ai lu en deux jours, je n’ai pas pu le lâcher, il était très prenant. Lors de la délibération, nous étions quasiment unanimes, ce manuscrit s’est détaché des autres et nous avons tous ressentis un certain paradoxe : l’écriture est simple mais l’histoire est captivante avec des personnages attachants, une narration efficace et une histoire touchante. Comme quoi il n’y a pas besoin de faire de belles phrases avec des mots compliqués pour écrire de beaux livres.

Avez-vous eu des surprises lors de cette expérience ?

J’ai eu des surprises au moment du déjeuner de délibération. Laurent Laffont et Claire Silve ont expliqué leur travail. Le métier d’éditeur est complexe et je ne mesurais pas cette ampleur. Comment choisir un manuscrit parmi des milliers ? Comment savoir s’il faut poursuivre la lecture ou pas ? Les premières pages ainsi que les premiers mots ont beaucoup d’importance. Pour moi, ils recevaient des livres, les lisaient puis ils décidaient ou non de les publier. Mais se dire qu’un livre est bon ou pas c’est plus compliqué : lorsqu’on lit un livre, il y a beaucoup de personnel, de subjectif et d’émotion. C’est-à-dire qu’un livre qui ne me touche pas peut sans doute toucher quelqu’un d’autre. Il faut faire preuve d’objectivité sur le talent de l’auteur mais aussi de subjectivité, savoir se mettre à la place des potentiels futurs lecteurs, aussi différents soient-ils.
Je lis depuis que je suis petite et je ne m’étais jamais vraiment intéressé à cette maille de la chaîne. C’était très intéressant de faire partie du jury, ça m’a permis de voir ce qu’est l’édition.

 

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L'Auteur

Mélanie Zumbrunn

Etudiante en Master II Communication des entreprises, Mélanie effectue son stage à la direction Communication interne de Bouygues Telecom et rédige également des billets pour la Fondation.

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