Parcours de talents

Le retour de D’Artagnan : entretien avec Benoît Abtey pour son premier roman

Il était bien parti pour être scénariste d’une série télévisée  de « Cape et d’épée ». Le producteur Jean-Pierre Dusseaux, directeur de VAB production, avait validé le projet, il ne manquait que l’accord de la chaîne, le diffuseur. Mais, après le gel des programmes de France Télévisions, Benoit Abtey a décidé de convertir son scenario de 120 pages chapitrées en manuscrit.

Et son aventure de romancier commença.

Après un premier contact chez Casterman Belgique, il a fini par rencontrer un éditeur chez Flammarion. L’anecdote ?  Il est arrivé en disant : « mon manuscrit va être adapté à la télévision et publié chez un autre éditeur mais je viens vous voir car j’aimerais vous le proposer d’abord ». Il y est allé au culot (attention, ça ne marche pas à tous les coups !) et a signé pour une collection de trois romans historiques. Dom Juan de Tolède, Les secrets de D’Artagnan Tome 1 est paru en février dernier chez Flammarion.

Quel est votre rapport à l’écriture ?

 

Quand j’écris une histoire j’imagine toujours que c’est pour faire un film. Je vous recommande cette technique car pour ma part, je me concentre sur l’histoire et je vais droit au but.

Pour m’inspirer ? Je regarde des séries télévisées, similaires aux romans feuilletons du 19ème. Les histoires sont longues, 13h à 15h, mais séquencées de façon à attiser la curiosité du spectateur pour qu’il ne rate aucun épisode !

Eugène Sue et Alexandre Dumas entre autres, écrivaient ces romans feuilletons tous les jours dans la presse. Ces quotidiens avaient un succès fou !

Mon mode de fonctionnement ? Une contrainte de départ, pour le Tome 1, la consigne était de prendre d’Artagnan comme narrateur, de là l’idée d’une collection nommée les secrets de d’Artagnan. Je commence alors par me documenter (à hautes doses) et puis quand je rentre dans la phase écriture, je stoppe toutes lectures qui pourraient me surcharger d’infos et paralyser mon imagination.  

Pour la trame, j’essaye de construire d’abord l’histoire et surtout de soigner l’enchainement qui doit être passionnant. J’imagine vaguement le début et la fin pour construire le milieu. Je fais très attention aux personnages, à leur vie, aux relations entre eux et à leur destin.

Après, c’est parti pour 3 à 4 mois d’écriture non-stop entre 10 et 12 heures par jour !

Que pensez-vous de la relation auteur/éditeur ?

 

Chaque cas est différent mais, en ce qui me concerne, nous avons construit une vraie relation de confiance. Le relationnel est très important. Je considère que la relation avec l’éditeur c’est : 50% le manuscrit et 50% le relationnel.

Quand j’ai remis mon manuscrit j’avais une petite appréhension. En effet, on a beau avoir signé, il y a quand même une option qui stipule que le manuscrit doit être validé ! Surtout quand on rend 740 pages, on se dit que ce n’est pas gagné. Mais l’appréhension est vite passée car il a été validé en l’état.

Une astuce pour la bonne entente ? Je pense qu’il faut leur montrer une réelle envie de travailler avec eux et d’avoir confiance en leur professionnalisme. On pourrait craindre de perdre la propriété de son ouvrage ou de voir son manuscrit se transformer mais il faut mettre son ego de côté, le but c’est quand même d’être publié.

Enfin, je pense qu’il faut avoir quelque chose dans ses tiroirs quand on les rencontres. Ils doivent miser sur des auteurs dans la durée.

Quel rôle joue Internet dans votre vie d’auteur ?

 

J’utilise Internet pour les recherches que je fais avant d’écrire un livre, c’est un outils très précieux. En revanche, je n’ai pas l’habitude de m’en servir pour m’aider dans mon travail d’écriture. Je demande conseils à mon entourage.

Intégrer les nouvelles technologies dans un roman historique serait par définition anachronique, en revanche, si je devais me lancer dans l’écriture d’une histoire contemporaine les blogs, Internet et les nouveaux moyens de communication seraient très certainement au cœur de l’intrigue. Je m’inspirerai alors des nouvelles séries télévisées de la BBC comme Sherlock Holmes.

Quant au livre numérique, je pense qu’il rencontrera un véritable succès quand il aura trouvé son identité propre et qu’il apportera quelque chose en plus que le livre papier. J’y travaille !

Merci à Eugénie qui a réalisé cet interview et à Benoît Abtey pour le temps qu’il nous a consacré.

 

L'Auteur

Dorothée Corbier

Déléguée générale adjointe de la Fondation Bouygues Telecom, j'anime avec Céline le programme Nouveaux Talents.

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